Les Contributions prévues déterminées au niveau national, cas du Maroc

Les  Contributions prévues déterminées au niveau national, cas du Maroc

Par Sofia Alami

Rabat – En amont de la COP21, 184 pays ont annoncé leur contribution dans la lutte contre les changements climatiques. Ces contributions nationales regroupent deux volets d’objectifs : d’une part les objectifs de réduction, qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), d’autre part les objectifs d’adaptation, visent la fragilité et la vulnérabilité des systèmes naturels et humains aux effets des changements climatiques réels ou prévus.

Genèse des  Contributions prévues déterminées au niveau national

Le concept de « Contributions prévues déterminées au niveau national » (CPDNs, ou INDCs en anglais) a vu le jour pour la première fois durant la 19ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, à Varsovie en 2013. Ce concept est le constat de la nécessité ardente de créer un cadre d’action global incluant tous les pays.

Au début, le terme «engagement» qui revêtait un caractère obligatoire, et qui ne concernait  que les pays  développés, a été refusé par les pays en développement : il a été remplacé par celui  de «contribution» à caractère volontaire, moins contraignant mais  flou.

Ces contributions sont  guidées par les priorités nationales de chaque pays, et reflètent ses capacités, ses circonstances nationales ainsi que ses responsabilités. Leur objectif est de permettre d’entourer et d’éclaircir la progression des États dans la lutte contre le changement climatique pour la période 2020-2030 afin d’atteindre l’objectif global fixé par la Convention cadre des Nation Unies pour les Changements Climatiques (CCNUCC), celui de rester en deçà des 2°C de hausse des températures, avec une préférence de 1.5°C d’ici 2050.

Comment sont élaborées les contributions nationales

Les contributions nationales contiennent un certain nombre d’informations. On peut citer entre autres : Un objectif d’atténuation ou de limitation des émissions, cet objectif doit être  transparent, quantifiable vérifiable et ambitieux. Il doit  également être explicité dans les contributions de chaque pays, les objectifs, délai ou période de mise en œuvre ainsi que le champ et la portée d’application de l’ensemble des actions, de projets et de politiques choisies. Outre cela, les contributions doivent contenir les secteurs d’émissions et les types de GES couverts et la méthodologie pour l’estimation des émissions. Par surcroît, les contributions doivent présenter un intérêt particulier au secteur AFAT (Agriculture, Foresterie et Autres Affectations des Terres) des éléments permettant d’évaluer. Ainsi que la manière dont la contribution, contribue à la réalisation de l’objectif commun des 2°C, voire 1.5°C en tenant compte bien sur des circonstances nationales de chaque pays.

L’objectif de l’élaboration des contributions nationales  est de couvrir pour chaque pays le plus large panel de domaines, afin d’englober au final son économie toute entière et de s’engager vers une trajectoire de développement sobre en carbone et résiliente aux changements climatiques.

Le processus d’élaboration des INDCs est donc progressif et comprend: Une première phase de préparation avant 2020, une deuxième phase  de renforcement et de comptabilisation  de 2020 à 2030 et une phase de prospective à long terme, Post 2030.

Contribution Déterminée au niveau National du Maroc

Officiellement présenté en 2015, la Contribution Prévue Déterminée au niveau National du Maroc, trouve son ancrage dans la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD), et a été élaborée avec beaucoup d’ambitions pour s’attaquer au problème du changement climatique avec un engagement conséquent de toutes les parties tant en matière d’atténuation ou d’adaptation pour l’ensemble des secteurs économiques du pays.

En matière d’atténuation, l’engagement du Maroc est une réduction inconditionnelle de 17 % des émissions de GES en 2030 avec une réduction additionnelle de 25 % réalisable à certaines conditions ; en majeur partie financière ; ce qui porterait à 42 % la réduction totale des émissions de GES en 2030. Il est important de mentionner que l’atteinte de l’objectif global de 42 % nécessite un investissement estimé à environ 50 milliards USD entre 2010 et 2030, dont 35 milliards sont conditionnés par un appui international grâce à l’accès aux nouveaux mécanismes de la finance climat, notamment le Fonds Vert pour Climat.

En matière d’adaptation, les principaux objectifs du Royaume seront réalisés grâce à des stratégies et des plans d’action sectoriels touchant notamment les domaines de l’agriculture, de l’eau, des déchets, des forêts, de l’énergie, de l’industrie et de l’habitats, ainsi que la pêche  et l’aquaculture sur les horizons 2020 et 2030. Historiquement, le Royaume a consacré 64 % de ses dépenses climatiques à l’adaptation, sur la période 2005-2010. Le Royaume planifie d’investir à minima 15% à 20% des budgets totaux d’investissement pour l’adaptation face au Changement Climatique, dans ce contexte, l’appui de la communauté internationale est fortement sollicité.

La contribution marocaine explicite de manière claire les gazs couverts, les secteurs couverts, ainsi que les différentes hypothèses, scénarios et approches méthodologiques utilisées.

La contribution marocaine prend aussi en parfaite considération la nécessité du renforcement des capacités techniques, institutionnelles et juridique, notamment en ce qui concerne la création et le partage des connaissances en matière de changement climatique.

On peut dire alors, que l’élaboration des INDCs représente un enjeu majeur pour les pays en développement, et particulièrement pour les pays africains, tel que le Maroc. Initier un processus d’apprentissage et de  connaissance en termes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ou de limitations de celles-ci lui permettra sans doute de s’engager dans des voies nouvelles de développement, proposant ainsi à sa population une amélioration des conditions de vie concilié avec un développement sobre en carbone et résilient aux changements climatiques.

Nous conclurons en rappelant que le financement de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique serait la priorité de la prochaine COP 23 qui se déroulera en Novembre à Bonn sous la présidence des ils Fidji, nous espérons que cette question; qui conditionne terriblement la concrétisation des engagements du Maroc ; soit définitivement trancher.

 

 

 

 

 

 

 

 

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