Les préoccupations environnementales s’incarnent dans la culture d’entreprises au Maroc

Les préoccupations environnementales s’incarnent dans la culture d’entreprises au Maroc

Par Sofia Alami

Rabat – D’après une étude publiée dans le Journal of Climatic Change intitulé « Carbon Major »,  près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre, imputables à l’être humain depuis 1850, seraient dues à seulement 90 entreprises. Les entreprises sont donc plus coupables que les Etats et les citoyens dans le bouleversement  des variations naturelles. De ce fait, Le réchauffement climatique, remet progressivement en cause nos modèles économiques, en plus que ceux sociaux et culturels.

Le Maroc ne fait pas une exception.

Le Maroc est engagé dans une voie de développement, et lance de grands chantiers structurants dans différents secteurs. L’intensification de ces activités, essentiellement à caractère industriel, dans plusieurs régions du pays, détériore sérieusement la nature environnante.

D’après le ministère chargé de l’Environnement, les industries de l’agroalimentaire sont les champions de la pollution au Maroc, en générant le plus des rejets toxiques et organiques, suivies par la chimie-parachimie, ensuite les industries du textile et cuir puis les  industries mécaniques et électriques.

La concentration de cette pollution industrielle en milieu urbain et sur la côte atlantique fait du Grand Casablanca la principal source des rejets toxiques, suivi par le Sebou, Tangérois, le Drâa, l’axe Safi-El Jadida et le Souss.

Les entreprises au Maroc, jouent un rôle crucial dans transition vers une économie à bas carbone.

Le concept de développement durable représente un choix de développement auquel le Maroc a souscrit au même titre que la communauté internationale. Les entreprises du Royaume, gages de développement socioéconomique futur du pays, ont pris conscience que le réchauffement climatique représentait un risque pour elles. Pas seulement à cause des réglementations nouvelles, mais un risque sur leur capacité à faire des affaires.De ce fait, elles sont aujourd’hui engagées plus que jamais en vue d’accompagner la transformation de l’économie nationale attendue pour faire face au Changement Climatique. Cette dynamique pourrait être illustré notamment à travers :

L’Initiative Entreprises Climat Maroc : lancée par la CGEM, en marge de la COP22, en Octobre 2016. Cette initiative ambitionne d’accompagner l’émergence d’une économie verte au Maroc avec un rayonnement attendu au niveau du continent africain.

Les certifications environnementales :Dans le domaine des certifications, le marché marocain est en train de suivre le marché européen. L’Afnor a enregistré au niveau du Maroc 20% de croissance pour la certification environnementale. Ce qui prouve l’engagement des entreprises en matière de maîtrise des impacts environnementaux, et  se démarquent aujourd’hui en planifiant des démarches managériales innovantes pour protéger l’environnement à travers la certification ISO 14001, et visent à réduire et maîtriser les impacts environnementaux via  la mise en place d’un système de management environnemental (SME). En effet plus d’une centaine ont obtenu l’ISO 14001.

Les entreprises font leur bilan carbone : l’OCP, l’ONCF, l’ONDA (aéroports de Marrakech-Menara et Casablanca-Mohammed V), l’ONA, la BCP, BMCE Bank of Africa, Attijariwafa Bank, des unités agro-industrielles, l’Université de Béni Mellal…, des exemples d’entreprises engagées dans  une démarche volontariste permettant de comptabiliser l’ensemble des émissions de Gaz à effets de serre (GES) liées à leur organisation, afin de les évaluer et les réduire par la suite.

L’activité RSE se développe également : À l’instar du bilan carbone, cette activité a connu une réelle dynamique, après l’organisation de la COP22. Les entreprises qui ont déjà une activité RSE et souhaitent désormais communiquer davantage à travers des Rapports RSE, ainsi que  plusieurs opérateurs au Maroc ont exprimé, pour la première fois, le besoin de mettre en place une activité RSE, ou au moins la structurer.

En tous cas, les préoccupations environnementales commencent à entrer dans la culture d’entreprises au Maroc, qui sont devenus précurseurs dans la lutte contre le réchauffement climatique, et ne ratent aucune occasion pour avancer dans le cadre du respect du Maroc à honorer son engagement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à 30% à l’horizon 2030.

 

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page