Pour une terminologie décomplexée

Samir Bennis
Docteur en relations internationales et diplômé d’études supérieures en sciences politiques, études ibériques, études diplomatiques, Samir Bennis avait entrepris des recherches postdoctorales diplomatiques à Madrid, avant de s’envoler à New York ...
Pour une terminologie décomplexée

New York – J’ai suivi avec intérêt le buzz créé par l’erreur de la journaliste Soumia Dghoughi et voici ce que je pense:

Quand il s’agit de défendre la cause nationale du Sahara, le critère qui devrait prévaloir avant tout n’est pas l’utilisation de tel ou tel terme. Bien sûr tout journaliste travaillant pour une chaîne marocaine est tenu de respecter la ligne éditoriale de sa chaîne, mais l’erreur est humaine.

Qu’une personne ait par inadvertance utilisé « occidentale » ou lieu de « marocain » en parlant du Sahara ne veut pas dire qu’elle a trahi son pays. Le plus important n’est pas d’utiliser tel ou tel terme, mais de disposer d’arguments solides pour défendre la position du Maroc. En tant que Marocains, on devrait se débarrasser de cette susceptibilité concernant l’utilisation du terme « occidental » versus « marocain ».

Bien sûr on devrait insister sur le fait que le Sahara est marocain et l’a toujours été et on ne doit pas cesser de le défendre sur tous les fronts. Mais notre position en tant que pays et nos connaissances en tant que citoyens seraient plus solides et plus crédibles si la plupart des soi-disant experts les plus médiatisés avaient une connaissance très profonde du conflit. C’est la qu’il faudrait placer le débat et on devrait s’offusquer plutôt de la qualité médiocre des analyses avec lesquelles on bombarde les téléspectateurs marocains tous les jours.

On devrait plutôt s’insurger contre cette culture qui transforme des inconnus en soi-disant experts du jour au lendemain. On devrait arrêter de faire appel à certains personnes et les transformer en experts tout terrain. On ne pourrait pas être expert du Sahara, de la Libye, de la France, des Etats-Unis, de l’Espagne du terrorisme et j’en passe sans avoir jamais publié des analyses solides.
Un soit-disant expert qui prétend être expert de tout est un incompétent par excellence. Or ici au Maroc on voit une prolifération d’experts que parfois on appelle « docteurs » sans qu’ils aient de doctorat et sans qu’ils aient jamais publié une seule analyse sérieuse.

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page