Un Maroc au service de l’environnement, Etat des lieux et recommandations

Un Maroc au service de l’environnement, Etat des lieux et recommandations

Par Sofia Alami

Rabat - La problématique de l’Environnement est un souci international d’importance extrêmement majeure. L’être humain a un grand impact sur son état actuel. Par ses actions irréfléchies, son arrogance et son égoïsme, sa mère la terre pousse un cri de détresse.

Les écarts thermiques entre les saisons, les fontes et le pergélisol des régions polaires, l’élévation du niveau des mers, l’acidification des océans, la réduction de la diversité biologique, la propagation des maladies et épidémies,  sont des conséquences graves et alarmantes du réchauffement climatique.   En effet, la  sonnette d’alarme est bel est bien tiré !

Selon les scientifiques du climat, le continent Africains est actuellement le plus sévèrement touché par les conséquences parfois désastreuses du réchauffement de la planète.  Les deux rives de la méditerranée sont nommés des  ‘hot spot’ du changement climatique, c’est-à-dire les régions qui seront les plus affectées par ses conséquences, dans les années à venir. Le Maroc  ne serait pas en dehors du cercle, c’est l’ampleur des dégâts qui reste jusqu’à présent inconnue. De ce fait il est amené à penser à son avenir et préparer ses options pour des scénarios futurs, surement difficiles.

Afin de faire face à cet enjeu, le Maroc ; s’est engagé de manière volontariste à la mise en œuvre  d’actions d’adaptation et d’atténuation dans le cadre d’une approche intégrée, participative et responsable.

Cette volonté politique guidée par SA MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI,  tire  importance d’enjeux hautement stratégiques. Ils sont à la fois politiques, économiques, sociaux et environnementaux. Outre un cadre juridique porteur, le développement durable est au cœur de la  Constitution actuelle du Maroc.  Cette dernière adopte des concepts  de la Démocratie Participative, de la régionalisation, du développement durable et du droit à l’environnement, et avec la légitimation et l’appui de l’action de la société civile et des ONG.

Le projet est en plein construction

Le pays a  lancé des projets structurants dans des domaines vitaux tels les énergies renouvelables, l’agriculture, le tourisme et le transport, pour concrétiser son attachement au principe de durabilité et du respect du climat :

Le Maroc est un pays qui ne dispose pas d’énergie fossile, et dont le besoin en énergie va quadrupler en 2030. Pour réduire sa dépendance énergétique externe, le pays lance des projets grandioses notamment le  projet Noor, une des plus grandes installations solaires à travers le monde, et le grand parc éolien  à Tarfaya, le Royaume du Maroc  s’est engagé dans un plan de construction de 6 000 mégawatts (MW) avec l’objectif de porter la part à 52% de sa capacité énergétique totale à l’horizon 2020. Accompagnés du Centre de recherche sur les énergies renouvelables (CDER), ces projets ont porté leurs fruits. En effet,  le Royaume est le 29ème pays le plus attractif au monde dans les énergies renouvelables. Premier dans la région Mena et deuxième en Afrique.

Le pays a aussi supprimé toutes les subventions au diesel, à l’essence et au mazout pour économiser des ressources et induire une utilisation plus efficiente de l’énergie, qui seront réinvesties dans la transition vers une croissance décartonnée.

Le Maroc, mise aussi sur la politique de  la  réforme institutionnelle du secteur et de libéralisation du marché énergétique. Aujourd’hui, le secteur des hydrocarbures et celui de la distribution de l’électricité sont complètement libéralisés, l’opérateur public ne contribue plus,  que pour 32 % de la production d’électricité.

Par ailleurs, grâce à sa position géographique, le Maroc est devenu membre du forum euro-méditerranéen et réalise  des interconnexions électriques et gazières permettant  d’optimiser les investissements et de sécuriser l’approvisionnement.

La vision stratégique d’adaptation aux changements climatiques du Maroc ne se limite pas au plan énergétique mais s’étend à tous les  secteurs. A titre d’exemple, l’agriculture est une priorité dans la lutte face au défi climatique. Outre le plan Maroc vert, le pays lance une initiative d’Adaptation pour l’Agriculture en Afrique connu sous le sigle AAA. D’autre part, le Maroc tend à améliorer  la gestion de son littoral et favorise  le développement d’une aquaculture durable afin de  préserver la pêche qui constitue 56 % du total de ses exportations. L’action de l’Etat a évolué aussi vers une planification territoriale intégrée visant  à préserver les aquifères souterrains et à protéger les forêts de la désertification à travers différents plans nationaux.

Il est également important de souligner l’effort du Maroc en matière de documentation :  nous disposons actuellement de La Stratégie Nationale Pour La Protection De L’environnement Et Le Développement Durable (SNPEDD), Le Plan National De Lutte Contre Le Changement Climatique (PNCC), Le Plan D’action National Pour L’environnement (Pane),La Charte De L’aménagement Du Territoire (CNAT), Le Plan National D’assainissement Liquide (PNAL) Et D’épuration Des Eaux Usées Et Le Plan National De Gestion Des Déchets Ménagers (PNDM).

Aussi en matière de structuration, on cite de façon particulière les structures suivantes : La création du Conseil National Supérieur de l’Eau et du Climat (CNSEC), le Conseil National de l’Environnement, La Commission Nationale des Etudes d’Impact sur l’Environnement et l’Observatoire National de l’Environnement du Maroc

Sans oublier que le Maroc donne une importance particulière aux Journées Mondiales en relation avec l’environnement et ne rate aucune occasion pour fêter ces journées, on cite l’Eau le 22 mars ; La météorologie le 23 mars, l’environnement le 5 juin, La lutte contre la désertification et la sécheresse le 17 juin, la protection de la couche d’ozone le 16 septembre, La journée maritime mondiale la dernière semaine de septembre, la prévention contre les catastrophes naturelles le 2ème mercredi d’octobre, l’alimentation le 16 octobre.

Si la dynamique est là,  est ce possible de voir un Maroc 0% Carbonne d’ici 2050 ?

Certes la machine est en marche, mais la route est longue est difficile. Bien que persuadé de l’impératif de la lutte contre le changement climatique, le Royaume du Maroc est conscient de ses limites.

D’abord, des limites d’ordre financières, car l’ampleur des chantiers à mener nécessite un financement important. Ensuite des limites technologiques, car la mise en œuvre de ces stratégies d’atténuation nécessitent  une grande  maîtrise technique et technologique.

Pour arriver à ses objectifs, le Maroc devrait entre autres :

Encourager la coopération entre les pays, le Royaume est devenu membre du forum euro-méditerranéen et réalise des interconnexions électriques et gazières afin d’optimiser les investissements et sécuriser l’approvisionnement. Ceci est un exemple de solidarité dans un cadre de complémentarité des ressources et des réseaux entre les pays du forum méditerranéen. Dans ce contexte, nous restons convaincus que c’est sur le socle indéniable  de la solidarité entre les pays que l’humanité doit construire les bases de son nouveau modèle de croissance dans  une vision de développement durable, mais aussi  de  paix entre les peuples et de fin de la violence et du terrorisme. Nous espérons que  Le Maroc et les pays du Maghreb puissent dépasser les conflits politiques qui les opposent. Aujourd’hui, et plus que jamais  la sagesse devraient s’imposer afin d’instaurer des  politiques fortes communes et unifiées  entre les pays du Maghreb, entre les pays du  monde Arabe, entre  les pays du monde en général. Il nous semble alors que les solutions seront régionales, internationales ou ne le seront pas.

Miser sur un Bouquet énergétique : Il n’existe pas de  solution unique, toutes les énergies devront trouver leur place dans un mix  énergétique. Le Maroc devrait trouver le sien.

Dans ce contexte, au lieu de s’adresse plus au pétrole et au charbon, le Maroc devrait profiter des opportunités offertes par le développement du nucléaire. Malgré la complexité et le coût requis par cette énergie, notre pays doit renforcer dés à présent  sa réflexion et orienter ses études dans cette perspective. C’est une énergie,  que plusieurs pays tel que la France, la Chine et les Etats unis   considèrent de plus en plus comme incontournable.

Le Maroc devrait exploiter ses sources de  schiste bitumineux de Tanger, Tarfaya et Timahdit comme une source  d’énergie prioritaire et penser à réduire les contraintes de leur exploitation à travers l’intensification de la recherche, en effet les seules réserves de Tarfaya sont estimées à 50 milliard de barils de pétrole.

Favoriser Ecocitoyenneté : La vision d’un Maroc vert ne peut être possible que si elle  fait parti d’un cadre plus large, celui d’une société démocratique, tolérante, juste et ouverte. En matière de développement durable, les réflexions sont conduites à travers un ensemble de grands principes. Ils imposent une vision large et intégrée. Pour réussir ce que le Maroc aspire, chaque citoyen est appelé à s’engager. Pour ce faire, la sensibilisation à travers  l’éducation et l’élaboration de programmes spécifiques pour les enfants à bas âge est fondamental. Malheureusement le Maroc souffre d’un au faible niveau de mobilisation des moyens humains.

Réduire la consommation dans le Domaine des Transports : Un gisement important d’économie réside sûrement dans la réduction de la consommation dans ce domaine, notamment par l’introduction de véhicules à faible intensité énergétique, le rajeunissement du parc automobile, et, surtout, le renforcement du transport en commun.

Encourager la formation et la recherche : Malgré plusieurs efforts, tel que l’institution des Masters sur l’environnement dans certains établissements d’enseignement supérieurs, facultés et grandes écoles, l’effectif des spécialistes de l’environnement reste très insuffisant, la disponibilité de l’information environnementale est réduite et le comportement de plusieurs populations laisse encore à désirer. Il est fort recommandé d’intensifier les actions entreprises et  de prévoir des actions de formation et de mobiliser les médias  (TV, radios, journaux, revues etc..), comme il faut encourager les experts à écrire des articles scientifiques et des livres sur l’environnement.

Accélérer le Financement : il faut que les  projets énergétiques et écologiques marocains  trouvent les financements appropriés sans recours au budget de l’Etat à travers la mise en place d’outils juridiques et une  multiplication d’incitations financières. A présent, un appui de la communauté internationale à travers l’accélération de la mise en œuvre du Fonds Vert pour le Climat est primordial, il faut alors renforcer la présence du Maroc sur la scène environnementale internationale à travers les différents types de coopération.

Suivre la réalisation des Projets : La transparence est gage de réussite de tout, les responsables devront  respecter les échéances, suivre les résultats, établir la crédibilité  et soutenir les initiatives existantes avant d’entamer de  nouvelles.

Le Maroc peut et doit devenir à l’horizon 2030- 2050, un pays leader en croissance verte, responsable et durable. Ainsi que  l’un des principaux fournisseurs d’énergies renouvelables que ce soit solaire, éolienne, hydraulique ou  biocarburants ou encore  biomasse, non seulement du Maghreb, mais de toute  l’Afrique. Guidé par la vision futuriste et stratégique de sa  MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI, les énergies renouvelables et la croissance verte changeront l’histoire du Maroc.

Sofia Alami, Doctorante en Sciences de Gestion à Université Mohammed V - Agdal - Rabat.

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