Hommage à Leila Alaoui, artiste planétaire et messagère de paix

Mustapha Saha
Sociologue, poète et artiste peintre, entre autres, Mustapha Saha se définit lui-même comme "ne courant aucun lièvre politique" et que seule "la gazelle culturelle l'intéresse"...
Hommage à Leila Alaoui, artiste planétaire et messagère de paix
Leila alaoui, par Mustapha Saha. Acrylique sur toile, dimensions :100 x 81 cm
 

Paris – Le sociologue, poète et artiste peintre Mustapha Saha rend hommage à Leila Alaoui, artiste planétaire, messagère de paix et d’humanité, fauchée, en pleine éclosion créative, par l’hydre noir du fanatisme.

 » Dans l’édifice prestigieux de la Maison Européenne de la Photographie à Paris (ancien hôtel particulier Hénault de Cantobre), devant une photographie sobre d’Augustin Le Gall, Leila Alaoui, en noir et blanc sous cadre laiteux contrastant cruellement avec le rayonnement de son sourire, remontent des tréfonds de l’être l’inconsolable douleur, l’insurmontable sentiment d’impuissance, que dire face à la perte irremplaçable d’un joyau de la terre ?  » © Mustapha Saha, Les Journées fugitives.

HOMMAGE A LEILA ALAOUI. PAR MUSTAPHA SAHA. Acrylique sur toile_. Dimension 100 x 81 cm. Copyright (c) Mustapha Saha. Photo 1.

  Hommage à Leila Alaoui à la Maison Européenne de la Photographie – Paris.
 
 

LA BELLE MAGHREBINE

 

Par Mustapha Saha

 
Elle dansait pieds nus la belle maghrébine

Sur la route d’exil du penseur muselé

Deux anneaux cadençaient sa danse libertine

Deux bracelets d’argent d’énigmes ciselés

Cependant que ses mains gantées de florentine

Perçaient d’évasures les filins barbelés

 

 

Elle dansait pieds nus la belle maghrébine

Sur la rhapsodie bleue de l’incessante errance

Sur le chant de douleur lancinant en sourdine

Sur la flûte envoûtée des nuits sans espérance

Tandis qu’un arlequin confident de l’ondine

Rythmait sur tambourin sa sublime endurance

 

 

Elle dansait toujours la belle maghrébine

Quand la lune éclaira l’endeuillée ville verte

La place du marché jonchée de carabines

Le puits des supplices bouche d’enfer ouverte

Le mausolée du saint taché d’hémoglobine

La maison des femmes d’anathèmes couverte

 

 

Elle dansa pieds nus la belle maghrébine

Jusqu’à disparaître dans la source naissante

Quant il ouvrit les yeux par une aube marine

La mémoire purgée de ses lubies stressantes

Il sentit reprendre la vie dans la poitrine

Et sur son front courir la brise caressante


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