Le bon dos du pouvoir

Hassan Alaoui
Hassan Alaoui, Directeur des Rédactions du « Matin » et « Maroc Soir » pendant trente ans, et cofondateur de plusieurs autres titres, dirige aujourd’hui Maroc Diplomatique, un des plus sérieux et crédibles mensuels marocains. Diplômé de la ...
Le bon dos du pouvoir

 

Casablanca – Il est une vérité qu’il ne faut jamais oublier, elle est chiffrée : les électeurs qui ont voté en novembre 2011 représentent un peu moins de 1 million de personnes sur un total de 34 millions de Marocains. Sur les 14 millions d’inscrits, ils représentent moi de 20%. Ce chiffre représente le plafond de force électif électorale du PJD parce que tout simplement, outre qu’ils ne s’abstiennent jamais, se rendent comme une armée disciplinée et compassée aux urnes. Le 1 million d’électeurs c’est le total ni plus, ni moins. L’allié objectif de ce succès relatif est l’abstentionnisme élevé, la non participation des citoyens et la faiblesse pédagogique d’encadrement des autres formations politiques.

En 2007 l’abstentionnisme a atteint plus de 63% et en 2011 plus de 47%. Il a plus que favorisé le PJD qui, dans cette dernière élection, a conquis et récupéré la base urbaine des grandes villes et des couches appauvries d’une USFP lamentablement exsangue et déchirée par ses luttes intestines et byzantines. Entre deux Apparatchiks bouffés par de meurtrières ambitions – je parle de El Yazghi et Radi. – l’USFP ne pouvait pas ne pas imploser et se résigner à voir ses troupes urbaines se jeter dans les bras accueillants d’un PJD aux logomachies opportunes.

Un éditorialiste qui n’a jamais dissimulé ses penchants, ensuite son soutien invétéré au PJD, écrivait il y a peu que le  » pouvoir a vidé le champ politique en tuant les partis politiques, ce qui a laissé le champ libre au PJD pour s’y substituer »! Si elle est en partie vraie, cette analyse procède par un fâcheux raccourci. Le pouvoir a facilement bon dos, on l’accable de tous les maux et péchés ! Le PJD n’est-il pas né dans l’ombre d’un pouvoir que les silhouettes de Driss Basri et El Khatib dominaient ?

Et lorsque ceux qui ont vécu cette période initiale affirment que le  » tahakkoum » en question est une vieille idée…

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