Moralisation publique

Hassan Alaoui
Hassan Alaoui, Directeur des Rédactions du « Matin » et « Maroc Soir » pendant trente ans, et cofondateur de plusieurs autres titres, dirige aujourd’hui Maroc Diplomatique, un des plus sérieux et crédibles mensuels marocains. Diplômé de la ...
Moralisation publique

Casablanca – En cette nuit de Lailat al-Qadr, qui précède le 27ème jour du mois de Ramadan, où les prières ont le même poids et l’équivalent de mille mois de prières, mois de révélation du texte sacré du Coran, nuit du destin « al-qadr » qui exauce nos vœux et nous incline à un fervent recueillement jusqu’à l’aube, chacun de nous guettant que le ciel s’ouvre pour les formuler, qu’est-il de plus important ? Avoir sa conscience tranquille ou nous balader dans l’amphigouri et les sempiternels populismes ?

Abou Horayra livre l’exégèse du Messager de Dieu: « Quiconque veille en prière la nuit du destin avec foi et conviction verra tous ses péchés passés pardonnés » (rapporté par al-Boukhari). Combien de péchés en fait devrions-nous nous faire pardonner ? Et les plus ordinaires, ceux de tous les jours, ne sont pas les moindres, ils ponctuent nos journées anodines, parce qu’ils font partie de notre quotidien routinier. Les petits péchés cumulés au point de devenir un reflexe, un ordinaire banalisé et intégré : c’est le non respect et l’exclusion de l’Autre, l’égocentrisme érigé en morale, l’individualisme, la parade, l’arrogance et l’incivisme.
Nous sommes rongés par le gain, le contraire de l’éthique, et fascinés par le pouvoir, la finalité brutale en chacun de nous. Rien ne me réjouit dans cette parodie de justice et de démocratie quand je vois, comme tous les autres, l’appétit féroce du paraître sur l’être, dans cette piteuse affaire des 4×4 acquises – ou mal acquises – par un élu du PJD, flamboyant de vices et d’arrogance, modulant la loi et la règle éthique pour son propre nombril… Tout cela dans une région, le Tafilalet, où les populations jusqu’à il n’y pas si longtemps encore se contentaient d’une poignée de dattes et d’un bol de lait pour leur ordinaire…
Lui, l’incarnation de la vertu qui dilapide une richesse morale que sont les Sahrawa de cette région, les seuls téméraires qui, lors d’un voyage historique effectué chez eux par le feu Roi Hassan II en 1989, lui avaient tenu tête et, effrontés à nuls autres pareils, étaient venus lui faire des reproches directement des les avoir « oubliés » des décennies…le laissant stupéfait…
Le PJD a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille pendant la campagne des dernières élections de 2011 ! Il n’a eu de cesse de nous rebattre les oreilles avec moult slogans, sauf que la même année, un premier scandale a éclaté à Meknès mettant en cause le président du Conseil municipal, un certain Boubeker Belkora, scandale vite passé à la trappe…quand bien même le maire en question serait chassé comme un malpropre…
Si l’habitude, la mauvaise habitude chez les responsables du PJD consistait à accabler et à dénoncer les autres partis, dont le seul malheur est d’avoir existé et exercé le pouvoir avant l’arrivée du parti de Benkirane, partis qualifiés de l’Administration, de corrompus et taxés d’incompétents, l’honnêteté consiste de nos jours à clouer au pilori et punir les mandataires du même PJD, coupables de salasses dérives au plan des mœurs – comme le Casanova bigame aux deux épouses – , d’abus de pouvoir, de détournements de deniers publics, de déni de la démocratie tout simplement…
Sauf à se réclamer du cynisme qui est à la politique ce que le mensonge est à l’ambition, le PJD a l’obligation de mettre le holà aux agissements ce certains de ses membres qui confondent destin personnel avec mépris des concitoyens…

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