Education environnementale : Un reflexe à cultiver

Mohamed Chtatou
Dr Mohamed Chtatou est professeur universitaire à Rabat en sciences de l’éducation. Il enseigne aussi l’anthropologie culturelle (culture et histoire amazighes) à AMIDEAST et la communication et l’interprétariat à l’Institute for Leadership and ...
Education environnementale :  Un reflexe à cultiver

RabatToutes les créations du Tout-Puissant remplissent un rôle bien précis dans le cycle de la vie. Rien n’est en vain, rien n’est superflu, tout a une fonction.

Les plantes, les animaux respectent cette règle à la lettre, mais l’être humain, depuis un siècle, semble outrepasser cet enseignement pour des raisons purement matérielles et égoïstes.

En effet, depuis l’avènement de l’industrialisation, l’homme, cet être doté d’intelligence, semble perde sa raison et s’adonner à cœur joie à la destruction de la nature dans le but de satisfaire ses besoins excessifs de bien-être et de maitrise des éléments et cela a pour conséquence immédiate de rompe les équilibres vitaux de la nature.

Le besoin de domination chez l’homme et l’accroissement incontrôlable de la population de la planète ont mis les voyants de la nature au rouge.

Aujourd’hui, la situation est désastreuse et ne peut que conduire à la catastrophe planétaire, si la vapeur n’est pas renversée à temps. Et voici les raisons d’un probable désastre :

  1. L’homme a créé des armes capables de détruire toute vie sur la planète et ne peut point contrôler leur usage ;
  2. L’homme a brisé la chaîne alimentaire naturelle : la maladie de la vache folle ;
  3. L’homme a créé des virus qu’il ne peut maitriser : le sida et les armes bactériologiques ; et
  4. L’homme s’est adonné au clonage et à la manipulation génétique et biotechnologique.

 

Peut-on renverser la vapeur ?

Aujourd’hui la civilisation humaine est arrivée à un point ou il faut essayer de changer de comportement, sinon la nature ne sera un jour qu’un simple souvenir, comme cela a été décrit magistralement dans un excellent film de science fiction de Richard Fleischer intitulé « Soylent Green » avec Charlton Heston, sorti en salles en 1973.

La nature est au gouffre de la catastrophe et l’homme l’est aussi, et comme la nature et l’avenir de l’homme, il faut impérativement essayer de renverser la vapeur, mais peut-on le faire ?

La réponse est oui si l’on entreprend ce qui suit :

  • Arrêter la surexploitation de la terre ;
  • Arrêter la sur-utilisation des ressources ;
  • Empêcher de rompe les équilibres vitaux ;
  • Eduquer l’être humain à respecter la nature ; et
  • Cultiver le réflexe de survie.

 

Cultiver un reflexe de survie

L’être humain vient à la vie avec un quotient d’intelligence bien déterminé. Il ressemble à une page vide (le concept de tabula rasa) sur laquelle on peut écrire ce que l’on veut. Il est impératif d’écrire sur cette page, dès le début, que le respect de la nature est une question de la vie et de mort.

Nous devons composer sur cette page le message capital suivant, en tant que commandement :

Vivre et laisser vivre « live and let live »

Dès son jeune âge, on apprend à l’enfant que le feu cause des brûlures et qu’il faut s’en préserver. Par la suite cet enseignent devient un réflexe presque inné, et l’enfant ne s’approche jamais du feu, sauf par accident.

Dès son jeune âge, on apprend à l’enfant que manger et boire, c’est  survivre. Par la suite cet enseignent devient un réflexe et l’enfant fera tout, en son pouvoir, pour satisfaire ce besoin naturel vital.

Dès son jeune âge, l’enfant apprend que la mère c’est l’amour, l’affection et la vie. Par la suite, l’amour de la mère et de siens devient un réflexe.

Par conséquent, il est impératif d’apprendre à l’enfant, qu’il a une deuxième mère, qui est la terre, son habitat naturel, son environnement de survie et qu’en dehors de cet habitat, il ne peut survivre. Il faut lui apprendre qu’abattre un arbre, c’est couper un membre de sa mère ; polluer les ressources naturelles, c’est empoisonner son frère ou sa sœur ; exterminer la faune, c’est assassiner son père ; et détruire la flore, c’est commettre un crime capital contre les siens.

Avec l’âge, ce réflexe fonctionnera de façon naturelle et l’enfant : 

*  ne coupera point d’arbre ;

*  ne polluera point de ressources naturelles ;

*  ne gaspillera point d’eau ou de bois, etc. ;

*  n’empoisonnera point ni le sol, ni l’atmosphère ; et

* ne touchera point ni à la flore, ni à la faune, que dans la limite du nécessaire.

 

Cultiver le reflexe pour mieux éduquer

L’expérience a montré que la première école qu’est la mère est cruciale dans l’éducation de l’enfant qui s’en suit. Ainsi, il faut éduquer la mère pour qu’elle puisse inculquer à l’enfant l’amour de la nature et de l’environnement.

Si l’on peut arriver à éduquer la mère dans le foyer, on pourra gagner davantage sur tous les plans :

* gagner sur le plan temps ;

* gagner sur le plan didactique ;

* gagner sur le plan matériel ; et

* gagner sur le plan préservation de l’environnement.

Il est impératif de développer des programmes d’éducation environnementale au profit de la femme :

* programme pour la femme rurale ;

* programme pour la femme urbaine ;

* programme pour la femme lettrée ; et

* programme pour la femme illettrée.

Il est aussi impératif d’apprendre à la femme des techniques et des méthodes parallèles pour la préservation de la nature:

*utilisation des énergies renouvelables dans la maison, pour les besoins de chauffage, d’électricité et de cuisson ;

* adduction de l’eau potable ; et

* utilisation de l’hygiène corporelle et environnementale.

* plantation des arbres, buissons, plantes et feuillages ;

* gestion des ordures ménagères ; et

*économie dans l’utilisation des ressources : eau, bois, sol, air, atmosphère, etc. et ceci est possible, grâce à des programmes d’éducation environnementale continus et permanents, avec évaluation périodique.

 

Education environnementale après le reflexe, pour mieux l’enraciner

1ère  phase :

1ère  étape  : cultiver le réflexe              - âge :0-24 mois ;

2ème  étape : éducation assurée par la mère    - âge :3-4 années ; et

3ème  étape : éducation préscolaire   - âge : 4-5 années.

2ème  phase :

1ère  étape   : enseignement fondamental ; et

2ème  étape : enseignement secondaire.

3ème  phase :

1ère  étape   : enseignement universitaire ; et

2ème  étape : enseignement spécialisé.

  • Formation des formateurs ; et
  • Spécialisation en matière d’environnement.

4ème  phase :

1ère  étape   : enseignement des adultes ; et

2ème  étape : enseignement du grand public.

Approche :

  • éducation permanente et non conjoncturelle ;
  • éducation par objectifs ; et
  • Evaluation continue.

Moyens :

  • livres, posters, films, programmes TV et radio, etc. ;
  • législation ;
  • formation – éducation ; et
  • sensibilisation.

Méthodes

  • enseignement scolaire et universitaire ; et
  • campagnes d’information et de sensibilisation.

  

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