L’aveuglement suicidaire algérien

Hassan Alaoui
Hassan Alaoui, Directeur des Rédactions du « Matin » et « Maroc Soir » pendant trente ans, et cofondateur de plusieurs autres titres, dirige aujourd’hui Maroc Diplomatique, un des plus sérieux et crédibles mensuels marocains. Diplômé de la ...
L’aveuglement suicidaire algérien

Casablanca – Par la voix de John Kerry, secrétaire d’Etat américain, le gouvernement des Etats-Unis vient de réaffirmer de manière solennelle que « sa position eu égard à l’affaire du Sahara, reste inchangée ». La nouvelle, tombée en début d’après-midi de ce mercredi 23 mars, ne peut pas ne pas interpeller observateurs et opinion publique qui suivent depuis le début du mois les péripéties du dossier du Sahara voire depuis des années. A plus forte raison depuis la visite que Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies a effectuée à Tindouf et à Alger, marquée à la fois par de gravissimes écarts de langage et des prises de position en faveur des thèses du gouvernement algérien et des ses stipendiés du polisario.

Le communiqué rendu public par le Cabinet royal déclare que « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, s’est entretenu, ce jour, au téléphone avec M. John Kerry, Secrétaire d’Etat américain. » Il est précisé ensuite que « l’entretien a essentiellement porté sur la question du Sahara marocain. A cette occasion, M. Kerry a assuré au Souverain que la position américaine demeure inchangée et qu’elle s’inscrit dans le cadre arrêté conjointement par Sa Majesté le Roi et le Président Barack  Obama, en novembre 2013 à Washington ». Le même communiqué d’ajouter : « Le Secrétaire d’Etat américain a également précisé au Souverain que le dialogue entre les deux pays se poursuivrait jusqu’à parvenir, sur cette base, à une solution définitive à ce différend régional ».

Il convient de souligner que l’entretien téléphonique entre le Souverain et le chef de la diplomatie américaine est significatif, à la fois par sa teneur et son opportunité. On peut, par ailleurs, lui assigner une autre dimension : il survient après deux semaines de polémiques entre le Maroc et le secrétaire général des Nations unies, suite notamment aux propos provocateurs de ce dernier, suite à la spectaculaire et gigantesque marche de 3 millions de marocains, organisée le dimanche 13 mars à Rabat, ensuite aux propos non moins méprisants de Ban Ki-moon tenus à New York face à Salaheddine Mezouar, enfin – et ce n’est pas le moindre aspect – suite à la décision du Maroc de congédier « illico presto » quelque 83 fonctionnaires de la MINURSO installés depuis des années à Lâayoune et à Dakhla dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU.

les frasques du Général Kurt Mosgaard

Les événements qui se sont succédé à une cadence inhabituelle ces dernières semaines participent d’une étonnante tournure. Ils ont révélé la dimension souterraine d’un état d’âme pour le moins étrange : la complicité de Ban Ki-moon désormais avérée avec le gouvernement algérien et sa créature, le polisario ! Pis, ils ont confirmé surtout ce que le Maroc n’a cessé de dénoncer depuis plus de dix ans maintenant, à savoir la collusion des dirigeants de la MINURSO avec les services algériens et les séparatistes, leur jeu perfide à fomenter et encadrer même des manifestations « pro polisario » à Lâayoune même, leurs incitations criminelles en direction de jeunes sahraouis pour qu’ils s’attaquent aux forces de l’ordre, en décembre 2010, en mai 2013, leur agenda suicidaire…Or, le rôle signifiée à cette dernière est prescrit comme suit : « La MINURSO a  pour mission principale de vérifier le cessez-le-feu et la cessation des hostilités » !

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans sa réponse en guise de rétorsion aux manquements de Ban Ki-moon, le Maroc a pointé du doigt la composante politique et civile de la MINURSO, celle qui n’a eu de cesse d’embrigader les jeunes, de s’écarter de l’esprit de la mission qui lui fut prescrite en 1991, et surtout qui a cru facilement s’en prendre au Maroc concernant de prétendues violations des droit de l’Homme au Sahara. En 2013, le général Kurt Mosgaard (sur la photo ci-dessus avec des membres du polisario), danois de son état et ci- devant commandant de la MINURSO, était pris en flagrant délit de connivence et de collusion avec le polisario , arborant même le pin’s de la prétendue « rasd », partageant le repas de ses dirigeants à Tindouf, affichant son soutien à une association norvégienne qui milite pour le polisario, etc…

Il n’en fallait pas plus pour prouver à qui veut bien le vérifier la complicité de la MINURSO et du gouvernement algérien et, en particulier, la violation évidente par celle-là des accords de cessez-le-feu de 1991 lui assignant d’une part la stricte neutralité et d’autre part la mission de le faire respecter, en attendant la sempiternelle opération de recensement des populations habilitées à voter que le gouvernement algérien a sabotée.

Le Maroc avait de très bonnes raisons pour exiger séance tenante le départ des membres de la MINURSO, ces derniers affichant leur hostilité patente au Maroc, violant les principes de l’accord parrainé par l’ONU….Qu’il faille voir un précédent dans l’expulsion de la MINURSO par le Maroc signifie que le secrétaire général des Nations unies n’a pas mesuré, ou cherché à mesurer les implications graves de son alignement aux thèses algériennes, des répercussions sur la région du Maghreb, de la déliquescence rampante du pouvoir algérien – tenant à la maladie d’un président élu quatre fois sans scrupules – , d’un terrorisme qui se profile comme un large spectre, de son terreau où prospèrent polisario et mouvements terroristes au grand dam des Etats de la région.

L’évolution géopolitique de la région porte en germes les conditions d’une déstabilisation visible, si le gouvernement algérien s’obstine à na pas regarder la réalité en face et à vouloir surtout saboter une solution politique au Sahara. Un Maghreb déstabilisé, c’est un ensemble livré aux mains du terrorisme. Ni les Etats-Unis, ni l’Europe ou l’Afrique ne pourront se résoudre à ce que la région devienne un pôle de violences et de conflits au motif que le gouvernement algérien impose ses caprices et son expansionnisme…

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