Plume d’une Marocaine

Antique pen and inkwellCe matin, je me suis levée avec la conviction que cette journée serait une bonne, histoire  de commencer mes 24H avec une croyance  positive. Cette idée de croyance positive et de bonne journée est scotchée dans mon cerveau depuis que j’ai commencé à lire des livres de développement personnel et de psychologie sociale. J’avoue que durant la lecture de ses livres on a toujours l’impression que voilà Finally nous avons trouvé le secret du bonheur, ce secret qui nous permettra de jouir, de profiter et de vivre notre vie dans les meilleures conditions possibles (mentales et psychiques). Généralement on nous affirme que tout se passe dans notre tête, si nous semons des idées positives nous allons récolter des croyances positives et vice versa, tout est une question de perception.  On se sent plein d’énergie, prêt  à oser le changement, confiant et rien ne nous arrête. On est motivé plus que jamais, et désormais on veut être des cultivateurs de bonheur plutôt que des consommateurs, vu que la majorité des livres nous montre que pour recevoir il faut d’abord donner en premier.

Alors nous essayons de passer notre journée à être des personnes remarquables, à distribuer de l’amour pour effectivement en recevoir. On commence à donner des câlins à nos parents, envoyer des  « je t’aime » à notre partenaire, sourire et dispatcher des formules de gentillesses à nos collègues et se mettre à la disposition des autres pour les aider. On a défini de nouveaux objectifs, on veut prendre soin de nous mais surtout soin de notre entourage pour dégager une énergie positive. On cherche à profiter au maximum de chaque journée. Jusque-là, nous sommes fiers de nos accomplissements, nous croyons que nous avons entamé la première marche vers le changement positif, sauf que cette motivation éphémère disparaît au fur et à mesure que le soleil se dirige vers l’orient. Manque de conviction ? Ou manque d’implication ?

Revenons à ma journée, bien décidée à recevoir plus que donner, de tout l’amour et la gentillesse que j’ai renvoyé, je n’ai reçu que des moqueries : mes parents qui pensent que je vais bientôt mourir car j’ai été affectueuse avec eux le matin, mes collègues qui eux se sont divisés en des personnes qui étaient ravis de mes nouveaux comportements et d’autres qui étaient méfiants et croyaient qu’il y’avait une histoire cachée derrière. Faudrait dire que dans cette société parsemée d’illusions, de trahison et de fausses apparences, où on s’amuse à se lancer des clashs, il est difficile d’être gentil et de s’ouvrir aux autres. Excès de méfiance ? Ou avarice de sentiments ?  … Affaire à suivre.

H.L

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