Récession, sécurité et crise migratoire, au menu du Forum de Davos

Récession, sécurité et crise migratoire, au menu du Forum de Davos
Rabat – Le Forum de Davos, plus grand rendez-vous des décideurs économiques du monde, s’est ouvert mercredi alors que les craintes se font ressentir autour d’une rechute en récession de l’économie mondiale.

Jusqu’à samedi, quelque 2.500 patrons de grandes entreprises, experts et personnalités politiques discuteront des défis et perspectives économiques avec un œil attentif sur les événements les plus marquants comme la crise migratoire et les risques d’attentats.

Le thème central de ce brainstorming est la « quatrième révolution industrielle » et ses éventuelles retombées, mais « ce qui se passe en Chine où la croissance ralentit retient l’attention de tout le monde à Davos », estime l’expert britannique du WEF, Nariman Behravesh.

Le ralentissement dans l’Empire du milieu, où la croissance en 2015 (6,9 pc) est au plus bas depuis 25 ans, mais aussi de l’ensemble des pays émergents, pèse en effet lourdement sur l’économie plantaire qui risque à nouveau d’entrer en récession, comme l’a affirmé le FMI.

Cette conjoncture fragile laisse craindre une déstabilisation des marchés financiers qui passe par une période de grande volatilité, combinée à une chute brutale des cours du brut et des matières premières qui sont aujourd’hui au plus bas.

De l’avis des observateurs, les principaux risques sont l’économie chinoise, la tendance des cours du pétrole, la crise des réfugiés et l’éventuelle sortie de la Grande-Bretagne de l’UE.

D’après une enquête du Forum économique mondial (WEF) auprès de 750 experts publiée à la veille du forum de Davos, le changement climatique arrive pour la première fois en tête des risques auxquels fait face le plus l’économie mondiale.

Il s’agit en fait d’un large éventail de défis sans précédent allant de l’environnement à la géopolitique, prévient l’enquête, soulignant que « le changement climatique entraîne des risques en termes de crises de l’eau, de pénuries alimentaires, de croissance économique limitée, de cohésion sociale plus faible et d’insécurité accrue ».

« Des événements telles que la crise des réfugiés et des attaques terroristes en Europe ont placé l’instabilité politique mondiale à son plus haut niveau depuis la guerre froide », constate John Drzik, président de Marsh Global Risk and Specialties, co-auteur de l’étude. Il relève qu’en tenant compte de ce contexte, « les entreprises internationales devront prendre leurs décisions stratégiques ».

L’examen des conséquences de ces risques sur la réputation et la chaîne d’approvisionnement des grandes firmes « n’a jamais été plus urgent », toujours selon le WEF. En tout cas, tous les risques mesurés semblent être en augmentation, avec des températures moyennes mondiales en hausse de plus de 1C par rapport aux niveaux préindustriels. Cette tendance s’aggrave à un moment où le nombre de personnes déplacées de force est 50 pc plus important qu’en 1940, en pleine seconde guerre mondiale.

Mais il semble globalement que le risque de migrations massives est celui qui a le plus de chance de se matérialiser en 2016 au regard de la persistance des situations de crises qui en sont à l’origine, conclut l’étude.

L’Europe a accueilli un million de migrants l’an dernier alors qu’elle demeure confrontée à un risque de forte hausse du nombre de chômeurs. Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) a confirmé les craintes exprimées par le sondage du WEF publié en début de semaine. Selon les conclusions d’une enquête de l’OIT menée au sein de 366 entreprises représentant 13 millions de salariés, 5 millions d’emplois sont menacés dans les cinq ans qui viennent.

La montée du chômage en 2015 provient essentiellement des pays émergents et en développement. « Il semblerait que la situation de l’emploi dans certains de ces pays, notamment ceux d’Amérique latine, et certains pays d’Asie, ainsi que dans un certain nombre de pays arabes exportateurs de pétrole, se soit aggravée ces derniers mois », conclut l’agence onusienne basée à Genève.

MAP

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