La centralisation et l’internationalisation à l’origine des défauts la décision éducative

La centralisation et l’internationalisation à l’origine des défauts  la décision éducative

Par Abdellatif Zaki

Rabat – Des contraintes objectives s’ajoutent à d’autres entièrement subjectives pour ralentir, et peut-être aussi, orienter les réformes de l’éducation dans des directions non consensuelles. En effet, l’extrême centralisation de fait des décisions est telle que celles-ci ne peuvent être que génériques, trop abstraites pour avoir de vraies emprises sur la réalité et trop simplifiées pour embrasser la complexité du système et de ses interactions avec son environnement. De plus, comme toute tendance à la centralisation réduit le potentiel démocratique d’un processus de prise de décisions, dans le cas de l’éducation au Maroc, la volonté politique s’est estompée sous la pression technicienne des procédures perdant, ainsi, de vue les objectifs et laissant l’administration se centrer sur elle-même, s’hypertrophier et servir ses propres intérêts au lieu de ceux des apprenants qui sont sa première et dernière raison d’être.

Sous couvert de l’expertise, l’administration se substituant ainsi aux politiques et aux populations concernées par les services de l’éducation finit par s’accaparer les fonctions législatives qui ne sont pas les siennes. D’un autre côté, sous la pression d’organisations monétaires étrangères, le politique renonça à ses priorités déclarées et déclassa l’éducation comme secteur non productif et cessa d’y investir en fonctions de ses objectifs économiques. Il est en flagrant délit de contradiction.

Pour ces décisions prises à des milliers de kilomètres du pays, souvent par des techniciens étrangers sans aucune connaissance de la société locale, le développement social, l’équité territoriale et le combat contre l’illettrisme et ses corollaires la pauvreté et la vulnérabilité, passent tous après les équilibres macro-économiques et la capacité du pays à rembourser ses dettes et à s’endetter à nouveaux.

Le caractère des décisions émanant de ce système centralisé, et concédant ses prérogatives de déterminer ses propres objectifs à des autorités financières étrangères, leur enlève la capacité de s’ajuster aux spécificités locales, à faire face en temps réel aux aléas tant sociaux, culturels que naturels, d’avoir une force d’anticipation et donc d’être négociées et adaptées pour répondre à des besoins en mutation continue, à des attentes se reformulant en fonction des perceptions des opportunités disponibles ou à créer et selon une échelle de priorités à curseur mercurien.

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