Coup de gueule à propos de l’organisation du championnat de Volley jeunes arabes

Coup de gueule à propos de l’organisation du championnat de Volley jeunes arabes

Abdellatif Zaki,

Rabat – L’événementiel est un domaine hautement technique et professionnel. Plusieurs des nôtres ne semblent pas avoir compris que l’organisation de un évènement sportif, et international de surcroît, l’est encore plus. Ils continuent de s’y prendre comme pour l’organisation d’une virée ou d’un pique-nique avec les copains et les copines. Non, un tournoi international n’est pas une promenade champêtre ! Et pas qui veut se transforme en organisateur de championnats internationaux, eut-il été élu dans les instances dirigeantes d’un grand club, d’une fédération ou eut-il été grand joueur ou grand entraîneur. Ce sont là des choses différentes, et des compétences différentes, les unes ne découlant pas nécessairement des autres

Peut-être n’ont-ils pas entendu parlé de cela et continuent de ne pas savoir qu’un tournoi sportif est plus qu’un événement, c’est un produit et une opportunité de générer de la notoriété et de fructifier les atouts, ou de les dilapider et les perdre. Comme tous les produits, il doit être soumis à des campagnes de promotion, empaqueté, emballé et présenter pour plaire et se vendre et en vendre d’autres. Peut-être, croient-ils le savoir mais sont loin de le savoir, et c’est pire et plus grave car ils n’auront pas compris que c’est un métier de professionnels et d’experts et voudront le faire eux-mêmes. Quand ils le font, nous le voyons tous, c’est la catastrophe caractérisée. Non seulement laissent-ils passer des opportunités sans en profiter mais ils font d’eux-mêmes la risée de toutes et de tous. Mais ça, ce n’est pas grave du tout. Ce qui est grave est ce que nous avons entendu dire hier par le staff d’une équipe de volley participant au tournoi de Salé. Deux dirigeants de deux équipes se parlaient en quittant la salle « les marocains ne savent pas organiser … ». C’est tout ce que nous avions pu décoder des accents nettement golfiques, et c’était suffisant pour nous rendre plus compte de la gravité du moment, la honte, quoi ? Nous ne savons pas si les organisateurs la ressentent, peuvent la ressentir, eux aussi ? Ils peuvent en être fiers, la notoriété qui leur a value le privilège d’organiser cet événement, ils l’ont tout bonnement dilapidée.

Sans aller trop loin et discuter la question de sponsoring, de partenariat, de fund raising, de marketing et de merchandising, nous ne mentionnons que l’absence du public acquis et partie intégrale de la discipline. N’aurait-il pas été possible de faire venir les joueurs de volley-ball et d’autres disciplines de la région, les cadres techniques des équipes ? N’aurait-il pas été possible de prévoir une animation pour attirer un plus grand public, les associations culturelles, artistiques et sportives de la ville auraient été heureuses d’être de la fête ? N’y-a-t-il pas de boîtes d’événementiel au Maroc ? N’y a-t-il pas de consultants dans le domaine ? N’y a-t-il pas un gouvernement, un ministère des sports dans le pays?

Faire jouer des équipes nationales des jeunes des pays arabes dans une salle quasiment vide, surtout quand ce n’est pas le pays hôte qui évolue est en deçà de tout. Faire subir au public les chaleurs étouffantes de ce mois d’août exceptionnellement chaud sans mettre la climatisation en marche est un mépris intolérable. Malmener les tympans du public par une sonorisation de vendeurs de poudre anti poux des années cinquante est une disgrâce et une agression impardonnables. Il fallait que ça soit dit, voilà, c’est fait.

Les manques à gagner ne manquent pas, mais encore fallait-il aux grands organisateurs voir l’événement comme une opportunité économique, aussi. Le peu de public aurait aimé pouvoir acheter des casquettes, des tenues de l’équipe nationale, des pins, de l’eau à boire, des rafraîchissements, des ballons, des posters, des stickers, des souvenirs du tournoi et des matchs, etc. Il aurait aussi aimé acheter de ce thé et de ces petits fours, qu’il voyait distribuer le long des matchs, aux frais de la princesse de toute évidence, aux fortunés du jour. Un chiffre d’affaires sur dix jours auraient fait une petite différence dans les rubriques les moins loties du budget du tournoi, peut-être celui des primes des joueurs. Les badauds, comme votre serviteur, attirés à l’évènement par le seul respect de la jeunesse arabe, n’auront pas été convaincus de devenir des fans de l’organisation des événements du volley ball au Maroc.

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