Et la logique triompha !

Abdellatif Zaki
Abdellatif Zaki est enseignant chercheur à l'IAV - Hassan II. Ses domaines d'intérêt sont les sciences du langage et la communication, la terminologie, la traduction et l'interprétation, l'évaluation des programmes et les sciences sociales et de ...
Et la logique triompha !

Rabat – Tunisie – Qatar. La Tunisie égale à elle-même, gagne le match avec l’équipe 2. Au moins deux joueurs du Qatar n’ont rien à faire dans une équipe de volley ball. On peut se demander comment ils ont atterri dans une équipe nationale. Le consensus des spécialistes est que l’arbitrage est en deçà du niveau technique du match, pour ne pas dire qu’il fut ouvertement partial dėfavorisant l’équipe maghrébine. Un trois sets deux qui, logiquement, aurait pu bien être un trois propre sans, pour autant, médire de la performance des jeunes qataris.

19:30 heures, le Maroc – Iraq annoncé pour 18:00 n’a pas encore commencé. Les tribunes sont nettement plus garnies que les deux premiers matchs du Maroc. On peut dénombrer un peu plus de deux cinquantaines officiels, techniciens, sécurité et badauds y compris.

Un début de match mitigé. Alors que les Iraqis avaient l’air de savoir ce qu’ils faisaient, les marocains continuaient à se chercher tout en réussissant des combines gagnantes qu’ils trouvaient chaque fois le moyen d’en déprécier les acquis en cumulant des fautes techniques de débutants. Le set se solde à 26-24 en faveur des marocains.

Dans les gradins, le public faisait des commentaires sur les comportements du coach marocain qui tendait à s’énerver et de prendre à parti certains joueurs les déstabilisant alors qu’il devait les rassurer. La distinction du coach marocain est qu’il travaille à l’ancienne, ni statistiques, ni analyse technique assistée par ordinateur. Il finit par ramasser un carton jaune. Par moment, on dirait qu’il se trompe de mission et casse les jeunes au lieu de les encourager et de leur insuffler énergie et combativité.

Deuxième set. Les marocains continuent à se chercher tout en s’efforçant de donner la réplique à une équipe au jeu plus cohérent et régulier. Déconcentrés, les balles les surprennent. Les signes de la fatigue apparaissent. Ils perdent le set en toute logique.

Troisième set. Les marocains fléchissent davantage et cèdent des points qu’ils n’auraient pas dû céder. Les moments d’éveil total se font de plus en plus rares et l’égalisation à huit points qu’ils obtinrent se dissipa trop vite sous les faux pas, les chutes, les ratés, les services en dehors de la surface, les balles balancées dans le décor, les contre attaques avortées et les mauvaises appréciations de la trajectoire des balles. Les jeunes iraqiens ne démordent pas, ils maintiennent leur pressing malgré des petits revers sans réelle incidence sur le cours du jeu. Les marocains perdent le set par un service plein dans le filet.

Quatrième set. Pendant l’entre-set, les marocains se raccommodent le moral en tapant fort sur les balles et les envoyant au plus haut qu’ils peuvent. Ils reprennent le match sous les tirs croisés et bien nourris des iraqiens, mais pas seulement, la rage de gagner, on la voyait chez les iraqiens mais plus chez les marocains. Sortis psychologiquement du match en déconfiture, ils se donnent en proie facile à l’adversaire qui leur fait la peau.

Un voisin de gradin, lui-même volleyeur jouant dans la cour des grands et dont un proche parent évolue avec les marocains, trouva le résultat logique. D’après lui, l’équipe n’a été préparée ni techniquement, ni psychologiquement ni avant le tournoi ni durant. Apparemment, aucune réunion post match n’a été tenue avec l’équipe depuis le début du tournoi. D’après ce voisin, très au parfum des coulisses de l’équipe marocaine, les joueurs qui avaient disputé un match de presque trois heures le jour d’avant n’avaient pas bénéficié de massage pour se délasser et reprendre du tonus pour le match du jour d’après.

Cette défaite n’est pas une tragédie. Plutôt, elle est la suite logique d’un cheminement, d’un encadrement et d’une gestion. Les joueurs ont rempli leur mission, ils ont rendu plus qu’on leur a donné. Attendons voir Maroc-Algérie et Maroc-Tunisie, deux grandes équipes, modernes, structurées, bien encadrées et disciplinés. Là la tragédie pourrait se jouer de l’équipe du Maroc.

« Merci Madame la Présidente » disait le coach marocain à la caméra de la télé après la victoire d’hier. Nous nous demandons ce qu’il dira aujourd’hui, voire, s’il cherchera les caméras avec la même ferveur.

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