Un championnat arabe sans public: le cas du Volley Ball à Salé

Un championnat arabe sans public: le cas du Volley Ball à Salé

Abdellatif Zaki,

Rabat – Vendredi 7 août 2015 matin. Tout y était sauf le public. Il y avait l’écho de la salle, ou plutôt des joueurs qui criaient comme pour briser le silence quiniait le déchaînement des sifflements, des encouragements, des roulements de tambours et de la fanfare des tribunes auxquels ils avaient pourtant droit. Pendant les deux premiers sets du premier match de ce vendredi matin, le seul public consistait en quatre personnes, l’entraîneur d’une équipe de la première ligue française, le joueur d’une équipe française et une dame, elle aussi, avec une histoire volley balistique particulière.,La quatrième personne, pour tout autre public, un badaud, votre serviteur.

Il y avait les pancartes publicitaires multi-dimensions et multiformes de quatre partenaires dont un local presque public, donc qui n’avait pas trop le choix d’être présent, comme pour confirmer l’exception nationale. Il y avait même du thé et des petits fours pour les officiels dans la tribune officielle. Et surtout, il y avait la chaîne de télévision nationale qui transmettait sans arrêt.

En ce qui concerne le jeu, les jeunes étaient combatifs, donnaient de leur mieux et semblaient avoir, en général, un bon sens de fair play et d’esprit sportif.

Pour un exploit et une première, nous les avons réussi une fois de plus. Des représentants de la jeunesse de l’ensemble des pays arabes, et nous les accueillons dans un stade vide, mal sonorisé, aucune animation sur place et un programme aussi changeant et imprévisible que le temps de ces derniers jours.

Le deuxième jour, samedi, aucune différence sinon la belle salle de Salé un peu trop puante dans les gradins. Le programme à été chamboulé au grand dam des managers et des entraîneurs des équipes et des pauvres jeunes joueurs qui ne savaient plus ni quand ils devaient jouer ni contre qui. La raison: apparemment une programmation des retransmissions qui devait d’abord accommoder le sport élu et ses grandes équipes : le football et le Widad.

À une question simple et précise à un acteur majeur de ce beau sport malmené par ses propres gestionnaires, combien de spectateurs voyez-vous dans les tribunes. Après avoir scruté d’un œil connaisseur et professionnel le local, le verdict confirma notre intuition. Nul. Les quelques présents, moins d’une dizaine, étaient tous des professionnels impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’organisation de l’événement. Un ou deux badauds dont votre serviteur.

Match Maroc-Bahreïn. Premier set. L’équipe du Maroc, essuie 3-9 en moins de huit minutes sans pouvoir vraiment jamais rattraper le retard à l’image de l’organisation qui est restée beaucoup trop loin des espérances. Les jeunes du Maroc, sous la pression maintenue du rouleau compresseur de l’équipe du Bahreïn de toute évidence mieux et plus entrainée, ne pouvaient pas sortir un niveau de jeu auquel nous semblent-il ils n’ont pas ėté suffisamment prėparės. L’image des marocains est très pâle.

Le deuxième set. Les marocains se défendent mais sans structure, l’équipe du Bahreïn qu’ils ont, par moment, menée par de grands ėcars leur ravi la victoire à deux points du set. Les marocains n’ont pas su protéger leur avance et cédèrent, vaincus, à une équipe dont on pouvait voir la structure du jeu et la professionnalisme de l’encadrement et du coaching. Comme pour le premier set, moins de vingt cinq minutes pour faire leur affaire aux joueurs du Maroc.

Le troisième set. Le Bahreïn reprend avec force, confiance et détermination. Les marocains continuent de se dėfendre alignant, se faisant, faute grave sur erreur impardonnable. Le score reste serré, toutefois, l’avantage alternant de côté jusqu’à l’expiration du set à l’actif, in extremis, des joueurs du Maroc. Le match continuera donc.

Quatrième set. Les gradins commencent à se garnir. Quelques adultes, des groupes de petits gamins, deux ou trois parents et leurs enfants, images de la télé à l’appuie, les organisateurs auraient dû se montrer plus professionnels et mieux engagés sur ce point-ci. Le crescendo du score du Bahreïn s’avèrera difficile à contrôler pour les marocains, qui ne manquent, cependant, pas d’individualités qui ramènent l’espoir aux gradins vides et les rallument même si l’euphorie n’a pas souvent durė longtemps. La remontée en score des marocains est disputée âprement et le set repris remet les pendules à l’heure. Tout est dès lors possible.

Les supporters s’organisent autour d’un drapeau marocain et un leader officiel comme en témoigne le badge qu’il affiche sur sa chemise bleu ciel. Ils font du bruit et s’agitent pour les caméras.

Cinquième et dernier set. Le match reprend avec l’ardeur de la dernière chance. Un cumule de fautes techniques de touche de balle, services perdus, sortie collective de l’aire du jeu à deux reprises, ont fair perdre aux marocains des points précieux et leur ont mérité un carton jaune. Le set et le match leur reviendront en fin de compte. L’on se demande est-ce qu’il y avait vraiment une équipe de jeunes marocains ou des jeunes marocains défendant les couleurs nationales avec acharnement et qui n’avaient que le choix de gagner.

Le jeu des marocains est inconstant et donna plus de raisons à l’équipe adverse de se réjouir et de le manifester que de se soucier de l’issu du Match qu’elle finira par perdre tout de même. Gagner est l’objectif, certes, mais la manière compte aussi pour beaucoup pour la carrière d’une équipe. D’après des professionnels, le comportement du coach du Maroc manquait d’éthique et de respect pour ses joueurs qu’il maltraita en public plusieurs fois. On regrettera aussi que les joueurs ne se soient pas serrés les mains après le match et qu’ils n’aient pas salué les arbitres. Le pire, c’est qu’ils le firent sur la demande expresse des coachs. Dommage.

Sous d’autres cieux, des comptes seraient demandés aux grands responsables de la discipline qui auraient tiré les conséquences de leur gestion tournoi tenant.

Après le match du Maroc, la salle omnisports de Salé se vida de tous sauf des joueurs, des arbitres, des staffs techniques, des valeureux agents de la sécurité et d’une dizaine de spectateurs. Le match Algérie – Oman n’attira pas de monde. Après le premier set, nous dûmes quitter nous aussi.

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