Un nouveau mensuel pour renforcer la diplomatie marocaine

Un nouveau mensuel pour renforcer la diplomatie marocaine

Washington - A l’heure où les supports papiers s’essoufflent éprouvés par la concurrence farouche et Incontrôlable, car anarchique, de la presse dite électronique, une nouveau mensuel marocain veut relever le défi de renverser la tendance et tenter de remettre les pendules à l’heure. Maroc Diplomatique, puisque c’est de lui qu’il s’agit, lancé par notre confrère et chroniqueur de renommée Hassan Kacimi Alaoui, se propose d’etre une force de proposition pour accompagner en aidant à son renforcement la diplomatie marocaine lato sensu. Nos félicitations à notre chroniqueur et longue vie au nouveau-né. Notre confrère Le360 a réservé un article à cet événement et réalisé un bref entretien avec le fondateur du nouveau support. Voici l’intégralité de cet article. 

<< EDITION: HASSAN ALAOUI, AU GOUVERNAIL DU «MAROC DIPLOMATIQUE»

Un nouveau mensuel a vu le jour. «Maroc Politique», dont le directeur n’est autre que Hassan Kacimi Alaoui, ambitionne d’apporter un plus au champ médiatique national. Un pari que ce professionnel de la plume rôdé par tant d’années de pratique journalistique ne manquera pas de relever.

Qui, dans le monde de la presse au Maroc, ne connaît pas Hassan Kacimi Alaoui? Chevalier de la plume, Ténor, Professeur… Des qualités qui lui sont chevillées et qu’il sert corps et âme. Ce natif d’Azrou, qui a tâté du journalisme dès sa prime jeunesse, est l’un des pionniers du domaine au Maroc.

Infatigable, il parcourt toutes les publications de la place, voire au-delà des frontières. Puis, s’attelant à la tâche, il gratifie ses lecteurs d’articles des plus pertinents. Ses collègues journalistes sous sa direction le considèrent, à juste titre, comme un Professeur, émerveillés qu’ils sont par la qualité de ses écrits. Car, Hassan Kacimi Alaoui est un fin esthète. L’une des plus belles plumes de la place.

Ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui et de le côtoyer reconnaissent sa valeur esthétique, son professionnalisme, son talent d’artiste. Il eût été, avec son style raffiné, sa vaste culture, un écrivain hors pair. Il est, comme qui dirait, un poète-né. Parce que chez lui, les mots coulent telle une boule sur un plan incliné. Il n’a pas besoin de se creuser les méninges pour trouver les mots. Le verbe chez lui, beau, mesuré, est une seconde nature.

Quand il écrit sur un sujet nouveau, il surprend son entourage, lui donnant l’impression d’en avoir été déjà mis au courant. Pour ce chevronné de l’information, ne manque que l’occasion pour montrer l’étendue de son talent. Bien que l’homme, en dépit de ses qualités professionnelles indéniables, n’ait jamais eu la prétention de plaire ou de faire mieux que qui ce soit.

Lauréat de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille en 1975, Hassan Alaoui est passé par plusieurs rédactions. A commencer par «Maroc Soir», dont il était, dès son retour au Maroc, rédacteur en chef trois ans durant (1976-1979). Il est passé par la suite par d’autres rédactions. Et partout où il est passé, il a laissé le souvenir d’un professionnel aguerri. Un homme affable, mais qui a aussi le sens de l’humour et de l’anecdote.

En décembre 2004, Hassan Kacimi Aaloui est promu au rang de chevalier de la Légion d’Honneur par l’ancien président de la république française, Jacques Chirac. Mais cette prestigieuse distinction ne lui a pas tourné la tête. Il est resté lui-même, fidèle à ses principes, prodiguant des conseils aux jeunes journalistes. Le sourire toujours aux lèvres, il n’est jamais lassé de dire, expliquer, répéter ce qu’il faut faire. Avec bonhomie et classe. Sa spontanéité déroute. A travers son nouveau projet, il ne manquera pas de faire la différence.

Trois questions à Hassan Alaoui, directeur de «Maroc diplomatique»
«Seuls les chemins de fer ont une ligne droite»

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Hassan Kacimi Alaoui, l’une des belles plumes du Maroc                                       © Copyright : DR

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre magazine ?

Notre journal se veut un organe de la presse écrite, de référence. Il y a  quelques années, nous cherchions et payions cher l’information.  Aujourd’hui, nous avons l’information à notre portée, elle circule en boucle à l’instantané, avec l’aléa d’une ahurissante uniformisation.  Nous avons l’information, mais nous n’avons le recul suffisant pour la  commenter. Nous la subissons «ex abrupto», alors qu’il faut lui conférer une certaine et nécessaire mise en perspective. C’est l’objectif de «Maroc diplomatique»… Il s’agit d’une publication mensuelle de 32 pages dans un premier temps, sur papier journal. Son ambition est de traiter l’information sous l’angle de l’analyse, du commentaire et de la réflexion. La presse connaît aujourd’hui une extraordinaire mutation à tous les niveaux: technique, graphique, et notamment dans son traitement grâce au numérique. L’adhésion au principe numérique est la donnée centrale qui se traduit par un engouement de plus en plus prononcé. Aux Etats-Unis, certains grands journaux, comme Newsweek, ont simplement disparu et cédé la place à la formule du Net. Et si de grands journaux conservent la formule papier, c’est aussi pour créer en parallèle une formule numérique. Nous restons fidèles au journal papier, avec cependant une nuance de taille, à savoir notre attachement irréductible à l’analyse et au commentaire. Nous réalisons un journal de dossiers, de grands reportages, de grandes interviews et d’enquêtes, qui entend instaurer un débat responsable et libre sur des problématiques diverses, politique, économique, sociale, culturelle et humaine… Pour cela, nous mobilisons notre expérience et notre savoir-faire pour insérer des suppléments spécialisés dans leur conception et leur présentation: le Cahier culturel qui représentera plus de 30% du contenu du journal, ouvert et riche, car la culture, qui représente moins de 5% au mieux dans les journaux, sera un des piliers de notre journal. Le Cahier société, attentif aux questions sociétales, comme le statut de la femme, la jeunesse, l’éducation, la santé, la vieillesse et le monde rural reclus… qui n’est traité ailleurs que par inadvertance, dirais-je. Nous avons aussi le Cahier international et diplomatique: il analysera les mouvements et les tendances de la politique étrangère à partir du Maroc ou vers le Maroc. L’Afrique, avec ses richesses et ses perspectives, sera analysée non pas en termes de business mais de potentialités humaines et culturelles. Nous prévoyons aussi d’ouvrir une rubrique consacrée au MRE, aux Marocains installés à l’étranger et qui exprimeront dans nos colonnes leurs problèmes et leur mal-vivre éventuellement…

Pourquoi sortir un mensuel aujourd’hui alors que les publications marocaines se plaignent du manque de lectorat ?

Notre projet entend se distinguer de ce qui existe, tout simplement parce que nous ne ratissons pas aussi large que nos confrères et nous ne sommes pas en course pour le lectorat. Nous visons un certain profil de lecteurs, qui prennent le temps et s’aventurent dans la lecture apaisée et en même temps assidue des dossiers que nous leur offrirons. C’est un journal thématique, réalisé par une petite équipe de professionnels avec le souci d’aller au-delà du décor et de l’information pour l’information. Notre cible est, au mieux, la classe sociale A, au moins, la classe moyenne qui souhaite plonger dans le creux de l’information, de ses tenants et aboutissants. Le défi de nos jours est de partir à leur conquête avec un contenu renouvelé mais inscrit dans la rigueur intellectuelle.

Peut-on avoir une idée sur votre tour de tables, vos actionnaires?  Et quelle est votre ligne éditoriale?

Nous n’avons pas de tour de tables, ni d’actionnaires! Nous sommes une toute petite équipe, très réduite à quelques personnes, autant vous dire «pauvre», avec la rage de faire du journalisme comme on a rêvé de le faire, mettant nos petites économies sur la table, espérant renverser ce mythe qu’il faut des sommes faramineuses pour faire un journal et accomplir un rêve. Notre richesse, ce sont justement nos doutes et notre professionnalisme… et non l’argent qui tuera notre rêve. Albert Londres, prince du grand reportage, disait que, dans le journalisme, il ne peut y avoir de ligne, seuls les chemins de fer ont une ligne droite. Nous avons, en ce qui concerne, notre singularité, à commencer par la responsabilité confiée à une femme, Souad Mekkaoui, écrivaine, qui assume la charge de Directrice de la rédaction, dont la personnalité –et ce qui n’est pas un détail– s’imprime sur le journal: l’ouverture d’esprit mais aussi une intransigeance sur les principes et la déontologie, le respect des droits de l’Homme, l’attachement aux institutions sacrées et la défense des valeurs. >> ( Fin de l’article du site Le360 )

Entretien réalisé par Abdelkader El-Aine

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