Le parlement Libyen ne négociera pas : aurait-il compris ?

Abdellatif Zaki
Abdellatif Zaki est enseignant chercheur à l'IAV - Hassan II. Ses domaines d'intérêt sont les sciences du langage et la communication, la terminologie, la traduction et l'interprétation, l'évaluation des programmes et les sciences sociales et de ...
Le parlement Libyen ne négociera pas : aurait-il compris ?

 

Rabat – Le parlement Libyen se retire des négociations politiques de l’ONU. Est-ce un signe d’éveil ou autre chose ? Les Libyens se réveillèrent hier sur des informations et des images d’un largage massif d’armes et de munitions à leur frontières avec l’Égypte. Ces largages d’impressionnantes quantités de munitions et d’armes à la frontière libyenne avec l’Egypte qui continuent d’intriguer les observateurs pourraient ne pas être étrangers à cette décision. En effet, les analyses les plus conservatrices pointent du doigt les armées et les services secrets de puissances militaires qui, paraît-il, seraient les seules à avoir les moyens et la logistique pour le faire.

Dans le cas où ces informations se vérifieraient, ces milliers de tonnes de munitions n’auraient pu être transportés et lâchés comme ils l’ont été faits et sans que l’opération n’ait été détectée que par une aviation hautement pourvue, coordonnée et commandée que seul un pays comme les États Unis ou une organisation comme l’OTAN peut mobiliser. Pour avoir une idée de l’ampleur de l’opération de largage, et de la légitimité des soucis des libyens, il faut voir le matériel sur place, il couvre le terrain à perte de vue. Des obus, des missiles …la totale ! Suffisamment pour détruire plusieurs pays d’après les commentateurs avertis qui ont vu la vidéo.

D’où viennent les armes des terroristes?

Les plus prudents se risquent à suggérer qu’il n’est plus impossible de penser que les armes des terroristes viennent de l’Occident très probablement sous la houlette de l’Oncle Sam. Les doutes qui planaient déjà dans quelques esprits sur un certain soutien occidental de l’organisation terroriste tendent à se dissiper. Reste à connaître les vrais raisons de ce comportement plutôt schizophrène. Les propos de Hilary Clinton dans son dernier livre concernant l’agenda de son pays et de ses alliés dans la région se confirment-ils ? C’est peut-être pourquoi ils trouvent de plus en plus d’écho dans les médias tant officiels que sociaux des pays directement en prise avec le terrorisme.

Les desseins occidentaux ne sont plus secrets pour personne. La restructuration de la carte politique de la région sur les bases stratégiques les plus favorables à une meilleure défense d’israël à l’intérieur des frontières de son choix, un meilleur contrôle de l’Iran et l’avortement de son essor scientifique et technologique, une meilleur et moins onéreuse accessibilité aux richesses de la région, un désamorçage total et définitif des aspirations des peuples arabes et de la région à la démocratie et l’étouffement de leurs révolutions contre les régimes tyranniques. L’Occident aurait opté pour l’alliance avec des forces du fondamentalisme religieux réactionnaire prêtes à s’adapter à ses exigences tant idéologiques que stratégiques et à aligner leurs référentiels sur les recommandations de leurs donneurs d’ordre.  L’ultime objectif de toute l’opération et du nouveau découpage n’est autre que l’évacuation du reliquat de l’influence russe dans la région.

Priorité à l’élimination du danger terroriste

Le parlement libyen aurait-il compris le jeu et rejeté ses règles qu’il impose à l’ONU aussi ? Aurait-il compris que négocier une solution politique ne voudrait dire in-fine que composer avec les terroristes et, dans les meilleurs des cas, accepter un partage des pouvoirs avec eux ? Négocier avec qui, avec un ennemi par pays interposés qui le soutiennent, qui ont pour lui une mission dans leur agenda pour la région, qui refusent de le combattre même quand il tue les leurs ? Le parlement libyen aurait-il compris que la première de toutes les priorités et la plus grande urgence qui doivent précéder toutes les autres sont l’élimination physique et définitive du danger terroriste. Toute action qui relèguerait cette option à un autre plan serait un compromis inacceptable avec l’ennemi et ses acolytes.

Peut-être que les choses sont autres, mais les apparences n’autorisent que ces hypothèses et cette analyse pour le moment.

* Les idées exprimées dans la rubrique Opinion de Morocco World News Francçais sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de ce site ou des responsables de sa publication.

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page