Meilleurs vœux de bonheur, de bonne santé et de succès pour les années 2965, 2015 et 1436

Abdellatif Zaki
Abdellatif Zaki est enseignant chercheur à l'IAV - Hassan II. Ses domaines d'intérêt sont les sciences du langage et la communication, la terminologie, la traduction et l'interprétation, l'évaluation des programmes et les sciences sociales et de ...
Meilleurs vœux de bonheur, de bonne santé et de succès pour les années 2965, 2015 et 1436

Rabat – L’an dernier n’a pas été fait que de bonheurs, de joies et de paix. Il doit en avoir eu pour certains, pour la plupart d’entre nous, toutefois, il eut plus de raisons de nous soucier que de célébrer.

Tout près de nous tout comme très loin, la pauvreté, la maladie, l’exclusion, l’injustice, la guerre, les abus des droits humains, l’obscurantisme, la tyrannie, l’exploitation, l’ignorance, et la mesquinerie humaine:

  • le viol des enfants – petites filles et petits garçon,
  • le travail des toutes petites et des touts petits qui devraient être à l’école,
  • les femmes à qui le droit à un lit dans une maternité continuent d’accoucher dans les rues et les couloirs des hôpitaux et des dispensaires,
  • des vieux atteints de maladies de l’âge entassés dans des asiles pour malades mentaux alors que les malades sont enchaînés dans des chambres minuscules, sombres et nauséabondes dans le secret pernicieux des marabouts,
  • les débats pour déterminer les droits des fœtus sont pris en otage par les nouveaux temples alors que les drogues, les produits chimiques, les métaux lourds et les gas toxiques appliqués dans les industries, l’agriculture et l’artisanat que les hommes produisent et consomment continuent d’affecter la viabilité des nouveaux nės,
  • les agriculteurs étouffés par les grosses compagnies qui se sont appropriées le patrimoine génétique du monde ne peuvent plus résister, font faillite, bradent leurs terres et leur patrimoine et se suicident pour éviter la contrainte physique à leurs enfants et leurs épouses après eux,
  • les gros groupes financiers chassent les fermiers de leurs terres, tuent l’agriculture vivrière, achèvent la culture rurale et la qualité de vie et de l’alimentation qu’ils assurent tous à l’humanité,
  • des masses de jeunes gens désespérés protestent dans les rues, devant les parlements et les chancelleries pour un espoir chaque fois avorté,
  • des enfants sont engagés dans des guerres fratricides meurtrières, des villes entières, des champs de fleurs, des cours d’eau, des ponts et des lieux de culte sont mis à feu et aplatis,
  • des enfants sont collés à des machines, les yeux rivés sur des écrans, les pouces calleux et les indexes endurcis ne savent ni marcher ni courir ni jouir des rayons du soleil ni parler ni lire ni écrire ni distinguer la réalité des images de synthèse même quand ce sont eux qui les ont fabriquées, d’autres enfants le nez collé à un chiffon, les yeux aux trois quarts fermés, déambulent dans les rues et entre les voitures dans les feux rouges parlant un langage au registre si réduit que personne ne comprend,
  • des immigrées de l’Afrique subsaharienne un bébé sur le dos, un autre dans les bras vous poursuivent dans les parkings, les marchés et les gares un biberon vide à la main et répétant en boucle la même formule figée de mendicité dans un registre encore plus limité que celui des enfants aux chiffons plaqués au nez, et vous ne pouvez pas leur donner à toutes,
  • d’autres immigré-es – par centaines – prennent le large dans des embarcations de fortune et y laissent leurs vies par milliers,
  • les terres occupées par les armes les plus destructives, leurs populations interdites de s’y déplacer et qu’ils appellent terroristes quand elles se défendent et pratiquent la résistance pour qu’ils abattre sur elles le déluge infernal de leurs artilleries et de leur aviation funeste,

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  • les récits des vétérans des premières guerres privatisées – en uniforme ou contractuels – qui ont vu et vécu le pire au nom de belles valeurs dans des guerres iniques dans lesquelles ils n’avaient rien à faire découvrent qu’ils ont été abusés, qu’on leur a menti et que les vraies motivations de la guerre qu’on leur a fait faire n’étaient pas si belles et que les discours ne leur rendent ni leurs camarades et leurs amis qu’ils ont vu mourir, ni les jambes, ni les yeux ni le sommeil qu’ils y ont perdu ni ne leur restituent les emplois, les familles et la joie de vie qu’ils avaient dans la patrie qu’ils sont partis défendre, ils découvrent que la guerre qu’ils ont faites au nom de leur patrie était en fait une entreprise privé menée par le vice président de leur pays et ses acolytes dans l’administration qui a déclaré la guerre,
  • les agences de sécurité tirent dans sommation les citoyens comme des pigeons dans les quartiers noirs des plus grandes villes de la plus grande démocratie du monde, quand leurs familles s’indignent, ils les traitent comme des hordes vengeresses, hors la loi et lâchent sur elles chiens, police, garde nationale et armée,
  • la nature se déchaîne alternant sur les gens des sécheresses, des inondations, des raz de marée, des neiges et des virus qu’ils n’ont jamais vu et qui emportent les plus démunis d’entre eux et ceux laissés à la marge des richesses qu’ils produisent et dont ils sont destitués par l’art de la bonne gouvernance, les secrets des meilleures pratiques, la grâce de la moralisation des affaires et de l’administration et les exigences de la performance dont on ne leur donne pas les moyens ….

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Au début de 2014 on avait émit l’espoir de voir les choses s’améliorer dans tous ces domaines. Nous ne nous faisions pas d’illusion, nous savions que tous les problèmes ne disparaîtraient pas d’un seul coup … nous ne croyons pas au miracle. Il était évident qu’il ne pouvait y ait avoir d’améliorations immenses mais, qu’il n’en eut point qui mérite d’être mentionnées ne nous est pas effleuré l’esprit. Le consensus dans les médias et des rapports d’évaluation socioéconomiques et à juger des commentaires qu’on entend ici et là est qu’il n’y eut dans la plupart de ces domaines que dégradation, dégénération et perversion.

Le champs politique ne semble pas avoir été dans ses meilleurs états non plus. Des partis qui éclatent, des négociations qui manquent la transformation à la dernière minute, des chefs d’État au plus bas possible des sondage, des responsables qui se dérobent à leurs responsabilités, d’autres qui en abusent et d’autres qui sombrent dans l’erreur.

2015

Heureusement, il n’y avait pas que ça, il y avait aussi de belles choses, de merveilleux feux d’artifice, des paillettes, des plumes, de la glamour, des rencontres extraordinaires, des histoires d’amour, des naissances de beaux bébés en bonne santé, des mariages voués à être heureux, des réussites, des gens honnêtes qui s’appliquent à bien faire leur travail, des personnes aimantes, des âmes charitables, des politiciens qui croient qu’ils peuvent faire la différence, de belles découvertes, des prouesses technologiques, des rires d’enfants heureux et joyeux, de belles fêtes, l’ouverture de musées, de merveilleuses expositions d’art, la publication de beaux livres, la sortie de beaux films, des festivals et des concerts, des cirques, des ballets et des records battus dans la liesse, la reconnaissance, aussi partielle soit-elle, de l’État de Palestine, la radiation de Hamas de la liste des organisations terroristes, la cassation de jugements injustes, des guérisons qu’on attendait plus, des embauches de jeunes lauréats des universités et des grandes écoles, des marques généreuses de la solidarité sociale, des indices de la tolérance entre les peuples, l’émergence d’une conscience salvatrice, la lueur du retour de l’espoir et des moments de bonheur et de joie…

Étant donné la situation, il ne serait pas trop difficile d’améliorer l’ordinaire et d’avoir une meilleure année 2965, 2015 et 1436 si on s’y met tous et toutes.

Alors, qu’on s’y mette, c’est une urgence périlleuse …

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