Est-ce bientôt la fin du calvaire pour le transport routier?

Mehdi Alaoui M'hammedi
Titulaire d'une licence ès Sciences de gestion de la faculté Sidi Mohamed Ben abdellah à Fès, Mehdi Alaoui M'hammedi prépare actuellement un master en finance et comptabilité à la faculté Ibn Tofaïl de Kénitra. Il a pris part à de nombreux ateliers ...
Est-ce bientôt la fin du calvaire pour le transport routier?

Kénitra - Pour opérer dans le secteur du transport routier des passagers dans le Royaume, il vous suffit d’avoir un agrément. Ce dernier est distribué sans prendre en considération la capacité du chanceux détenteur à respecter les différents textes législatifs et lois qui régissent la profession.

À l’exception de quelques sociétés structurées, le secteur vit une situation catastrophique et sombre depuis longtemps dans l’anarchie. Pour remédier à cette situation, les professionnels, les syndicats et le gouvernement ont mis la main dans la main pour donner vie à une réforme qui fait bouger les choses et sort le secteur de cette impasse. Plusieurs décisions ont été prises, dont les plus importantes sont : la libéralisation du secteur, la détermination des modalités de l’investissement, la révision de la tarification, l’évaluation annuelle du respect des cahiers de charges, et la déclaration officielle de la fin des agréments. En attendant la mise en place effective de la réforme, passant chez nos amis français pour voir comment ils gèrent le transport routier des passagers !

En France, la gestion du secteur relève de la responsabilité des régions, le conseil régional se charge en premier lieu de la planification à travers la réalisation des études et des enquêtes sur le déplacement des habitants de la région afin de définir le besoin et d’élaborer un schéma régional de l’accessibilité, et en deuxième lieu des modalités de gestion du projet à travers la détermination des liaisons et des trajets, la tarification, les dessertes,… De plus, la région en partenariat avec l’Etat établit ses propres commandes, et les confient à la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer Français) la gestion exclusive de l’activité. Le service est connu sous le nom transport express régional (Ter) pour le transport ferroviaire, et lignes express régionales (Ler) pour le transport routier qui est géré par la région et exploité par des transporteurs privés, les deux se complémentarisent afin d’assurer le transport des voyageurs dans le territoire régional.

Le modèle français n’est pas faisable au Maroc

Le succès de cette organisation était de taille, selon le rapport publié par la Cour des comptes et intitulé : « le transfert aux régions du transport express régional (Ter) : un bilan mitigé et des évolutions à poursuivre ». Le parc a été modernisé et renouvelé, le trafic est en constante évolution, une attention particulière a été accordé aux jeunes-étudiants, avec une relation individualisée de la clientèle, des tarifs plus attractifs et une qualité de service qui s’est beaucoup améliorée.

Certainement, le modèle français n’est pas faisable au Maroc. A ce jour, la région ne joue pas son rôle de développement économique et social régional espéré, et elle souffre d’une pluralité de dysfonctionnement. En attendant la mise en place de la nouvelle réforme territoriale qui consistera à donner plus de pouvoirs aux conseils régionaux et renforcer la position de la région dans l’organisation territoriale du royaume, on se contentera de l’activation progressive des dispositions de la réforme modifiant le dahir 1.63.260 de 1963, et convaincre le lobby des agréments à respecter les textes législatifs et lois en vigueur, améliorer la qualité du service, assurer un renouvèlement du matériel et veiller au respect des cahiers de charges.

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