Les impacts des changements climatiques sur la sécurité alimentaire en Afrique

Les impacts des changements climatiques sur la sécurité alimentaire en Afrique

Par Sofia Alami

Rabat – Selon le nouveau rapport de la FAO, près de 153 millions de personnes âgées de plus de 15 ans en Afrique subsaharienne, ont été confrontées à une situation d’insécurité alimentaire en 2014 et 2015. C’est à dire, une personne sur quatre a souffert de la faim par manque d’argent ou d’autres ressources nécessaires. De plus, les impacts du changement climatique de la planète mettent à mal les efforts déployés dans la lutte contre la faim.

Un tableau prévisionnel sombre pour la sécurité alimentaire en Afrique à cause des changements climatiques.

D’après le rapport STERN paru en 2006 sur l’économie du changement climatique, les évènements climatiques extrêmes ne cesseront d’augmenter en intensité dans la région de l’Afrique, et  particulièrement  l’Afrique subsaharienne.  Les tempêtes du sable, les températures extrêmes, les feux de brousse, les glissements de terrain, les inondations fortes … Ces catastrophes nuisent dès aujourd’hui  aux plantations et  aux récoltes,  les troupeaux ne trouvent plus de pâturages et les cultures souffrent d’un manque d’irrigation. Dans ce contexte, l’agriculture est très menacée à cause de la faible pluviométrie. D’après la même source les rendements de l’agriculture pluviale devraient chuter, jusqu’à 50% d’ici à 2050 dans certains pays. Pire encore, les revenus nets des petits agriculteurs pourraient chuter de 90% d’ici à 2100. La dépendance des économies des  pays africains à l’agriculture les rend très vulnérables aux effets des changements climatiques. Par conséquent, incapables de s’y adapter du fait de la faiblesse des revenues et de la capacité d’investissement.

Encore, les derniers rapports d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 2007 et 2013, prévoient que  75 à 250 millions de personnes en Afrique  seront affectées par un stress hydrique élevé en 2020, plus du double en 2050, de surcroît, les terres arides et semi-arides s’étendront de 5% à 8% d’ici 2080, réduisant, eux aussi donc, la productivité agricole.

Non seulement d’ordre économiques, les risques causés par le réchauffement de la planète seront exaltés  par des enjeux sociaux notamment de développement : pauvreté endémique, hausse du taux de chômage, accès limité au capital et aux marchés, aux infrastructures et technologies,  écosystèmes dégradés, forte migration, instabilité politique et conflits armés….

De nouvelles approches plus efficaces

Il est temps d’évaluer les options permettant aux agriculteurs, et à l’environnement, de s’adapter au changement climatique. L’une des options est que les exploitants  abandonnent l’agriculture de rendement, les systèmes agricoles fragiles et les cultures exigeant de grandes quantités d’engrais et de pesticides, au profit de pratiques durables et résilientes au changement climatique

Une autre option est l’adaptation fondée sur les écosystèmes. En effet, atténuer les conséquences du changement climatique en utilisant des systèmes naturels est possible,  à travers par exemple des variétés résistantes à la sécheresse, des méthodes de stockage d’eau plus efficaces et des systèmes de rotation culturale variés.

C’est aussi le rôle de la CCNUCC

Certes, les mesures d’atténuation et d’adaptation pour l’agriculture s’imposaient fortement au cours des dernières années de négociations de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Toutefois, nous recommandons à présent une reconnaissance plus ferme et plus explicite de la sécurité alimentaire dans les activités de la CCNUCC à travers particulièrement un cadre pour organiser les recherches en cours et encourager de nouvelles recherches pertinentes sur les techniques d’atténuation et d’adaptation de l’agriculture ainsi que les synergies possibles avec la sécurité alimentaire, pour l’Afrique, ensuite pour tout les pays du monde.Ainsi quela mise en place d’un mécanisme de collecte et de partage des données internationales sur le changement climatique et la sécurité alimentaire.

L’Afrique est continent vaste aux richesses multiples, qui inspirait, inspire et ne cessera d’inspirer les grands auteurs et artistes et nourrit leurs rêves d’exotisme, L’Afrique n’est pas forcément vouée à l’indigence, l’Afrique en bonne santé est possible. En bref ; c’est en mettant en œuvre de nouvelles bonnes pratiques, et en gérant les effets incontournables du changement climatique de manière appropriée, judicieuse et pertinente que le continent pourra vaincre la faim et subvenir à ses besoins alimentaires.

 

 

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