Pourquoi le Maroc devrait-il rester au dessous de +1.5°C ?

Pourquoi le Maroc devrait-il rester au dessous de +1.5°C ?

Par Sofia Alami

Rabat – Si le Maroc est un pays peu pollueur, il reste un pays très vulnérable au réchauffement  climatique, ses conséquences, notamment sur l’agriculture et sur l’élévation du niveau de la mer, sont alarmantes.

La solution est de limiter la montée du thermomètre afin d’endiguer les conséquences du changement climatique. Le compromis mondial est de 2°C, mais est ce suffisant pour un pays comme le Maroc ?

Les Origines des +2°C,  et pourquoi ce compromis mondiale doit être révisé à la  baisse :

Les 195 Etats membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) définissent un seuil de sécurité  de +2°C au-delà duquel, les scientifiques s’accordent sur l’aggravement des conséquences du changement climatique.

Cyclones, sécheresses, déplacement d’espèces, stress sur les forêts et les rendements agricoles, vague de chaleur, salinisation d’aquifères, guerre de l’eau, maladies et problèmes de santé dus aux canicules…Pour chaque degré supplémentaire, la fréquence, le risque  et l’ampleur de ces calamités augmentent !

Cet accord est  un « compromis politique » apparus dans l’accord qui a conclu la COP ratée de Copenhague en 2009, avant d’être validé dans le texte issu de la COP de Cancun en 2010.

De nos jours, les années les plus chaudes jamais enregistrées se succèdent. L’Organisation météorologique mondiale  affirme que les années 2011 à 2015 représentent la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrées. De ce fait, les experts affirment qu’il faut limiter le coup de chaud de la Terre par rapport à l’ère préindustrielle 1880-1899, et non par rapport à aujourd’hui. Or la température mondiale a déjà augmenté de +0,85°C depuis 1880.

Mais concrètement, et malheureusement, même en limitant la hausse à +2°C, certaines conséquences du changement climatique sont inévitables, notamment la montée du niveau des mers . Nombreuses villes comme Tokyo, New York ou Shanghai vont voir une partie de leur territoire couler sous les eaux. Pire encore dans les petits Etats insulaires comme les îles Marshall ou les Maldives ou des bassins  du Bangladesh, du Vietnam ou d’Egypte, ou encore la situation des pays de l’Afrique du nord qui sont plus vulnérables aux changements climatiques : tel que le Maroc.

Le  Maroc doit impérativement rester au dessous de +1.5°C :

Au Maroc, les deux degrés Celsius sur lesquelles se basent les négociations climatiques, ne garantissent pas un niveau de sécurité suffisant. Ceci est dû aux spécificités que lui confèrent sa position géographique et la diversité de ses écosystèmes.

Au Maroc, on a vécu une année excessivement chaude (2015), une année extrêmement sèche (2016). Quand il pleut, il pleut abondamment. Quand il ne pleut pas, il fait plus chaud, et l’évaporation est plus intense. L’équilibre climatique n’existe plus au Maroc d’où  les phénomènes climatiques extrêmes observés. Il serait important de revenir-brièvement- sur la gravité du sujet sur le Maroc, qui est l’objet de notre article :

-Les Ressources en Eau : Le réchauffement et  la diminution des précipitations ont causé une réduction de la quantité de neige dans les montagnes de l’Atlas, ceci amène à une diminution de la quantité d’eau dans les plaines du Maroc.

-L’agriculture : C’est le secteur le plus vulnérable face à la raréfaction de la ressource «eau». Le changement climatique affecte aussi bien la production que la productivité agricole. Ceci est confirmé au fil des nombreuses années de sécheresse qui ont frappé le pays à la fin du siècle dernier et ont lourdement affecté l’économie nationale, largement dépendante de l’agriculture, secteur sinistré par cette sécheresse récurrente.

-Pêche et Aquaculture : Les impacts du changement climatique sur les réserves de poissons marins affectent l’économie de la pêche au Maroc, un pays qui compte beaucoup sur  cette activité. Par conséquent on remarque des changements dans les prix du poisson, dans les revenus des pêcheurs, dans les coûts de la pêche, dans  les entreprises de pêche et  dans les marchés nationaux du travail.

-Elévation du niveau de la mer et la vulnérabilité des régions littorales : Le niveau des océans devrait s’élever de 60 cm à 1 mètre d’ici 2100, avec une élévation de la température et une salinisation accrue de l’eau de mer. Le risque est aujourd’hui réel dans les zones où il y a conjonction de la vulnérabilité naturelle du site et de la détérioration des protections naturelles telles que Tanger, Mohammedia, Saidia, etc.

Le changement climatique a également des impacts sociaux, notamment sur la production et la sécurité alimentaire, puisqu’il affecte la production agricole. L’insécurité alimentaire au Maroc va être accentuée et va entrainer, par conséquent des flux migratoires internes et externes dans un futur proche.

En conjugaisons avec  une accentuation des vagues de chaleur au détriment des vagues de froid, des pluies plus erratiques de plus en plus en régression, une diminution de la pluviométrie, augmentation des températures moyennes estivales, une désertification et à une déforestation de plus en plus accentuées, ainsi qu’à la déplétion de la couche d’ozone et la pollution dans les grandes villes : le Maroc subit donc, de plein fouet le changement climatique.

Le changement climatique, qui affecte la plupart des pays du monde, présente des disparités régionales. La région de l’Afrique du Nord est  particulièrement touchée puisqu’elle se situe dans une des régions les plus arides de la planète. Ainsi, le Maroc subit plus, l’impact du changement climatique, plus que d’autres pays.

Ce que nous venons d’avancer, constituent dès aujourd’hui un lourd fardeau qui tend à freiner le développement du pays, imaginons- nous ce que ce sera avec encore un degré supplémentaire?

 

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