Limiter le réchauffement à 1.5°C : le Maroc, un bon exemple

Limiter le réchauffement à 1.5°C : le Maroc, un bon exemple

 Par Alami Sofia

Rabat – Sous la conduite éclairée et futuriste de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Le Royaume du Maroc est fermement engagé sur la voie du développement durable.

Le Maroc a signé la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques en 1992 et l’a ratifiée en 1995. Il a également abrité à Marrakech, en 2001, la septième Conférence des Parties, la COP 7, qui a rendu opérationnel le Protocole de Kyoto. Il a ratifié ce Protocole en 2002. Le Maroc a ré exprimé son engagement pour le développement durable lors de COP 21 en 2015 à Paris et a accueilli la COP 22 à Marrakech en 2016.

Certes, le Maroc est un faible émetteur de gaz à effet de serre (GES), mais il est fortement impacté par les changements climatiques puisqu’il se situe dans une des régions les plus arides de la planète.

De ce fait, Le Maroc a élaboré une forte stratégie en matière de lutte contre les conséquences des changements climatiques. Cette stratégie se base sur deux volets :

D’une part, un volet d’atténuation  des émissions de gaz à effet de serre, notamment grâce à l’introduction des technologies propres et l’efficacité énergétique.

 D’autre part, un volet adaptation  face aux conséquences des changements climatiques, en anticipant une politique  qui prépare l’ensemble de sa population et de ses acteurs économiques à faire face aux vulnérabilités des changements climatiques.

Dans ce qui suit nous allons se concentrer sur le premier volet, qui est l’atténuation, et nous allons  lister les principales mesures qu’a entrepris le Maroc afin d’honorer l’objectif de limiter le réchauffement climatique planétaire à 1.5°C.

Retour sur les principales mesures en réponses aux objectifs d’atténuation des GES au Maroc :

Les mesures établies pour la réduction des émissions des GES concernent différents secteurs :

  • Energie :

 La Stratégie Energétique Nationale établie à l’horizon 2030, trace une nouvelle orientation basée principalement sur la promotion des énergies renouvelables  et l’économie d’énergie à travers l’efficacité énergétique. Le Maroc, de ce faite vise :

-Atteindre une capacité installée d’électricité d’origine renouvelable de 42% d’ici 2020 à travers d’énormes chantiers structurants déjà lancé tel que : l’Installation de Microcentrales hydroélectriques, l’Installation de Centrales hydroélectriques, le Développement de l’énergie solaire sur 5 sites, la Promotion du solaire thermique, le Développement du Parc éolien national,  l’Installation de Centrales à cycle combiné à Tahaddart, Ain Beni Mathar et Guercif, l’Utilisation des technologies de charbon propre pour les centrales de Jorf Lasfar et Safi, le Projet d’importation de gaz naturel et autres.

-Des projets visant à encourager le Mix énergétique tel que le Projet de Centrale nucléaire à la ville de Sidi Ishaq, située entre Safi et Essaouira.

-Valoriser le gisement insoupçonné du Maroc  notamment la Biomasse ainsi les schistes bitumineux.

-Concernant les secteurs les plus «polluants» comme l’industrie, le transport ou le bâtiment, le Maroc vise  une Economie d’énergie  allant  12 à 15% en 2020 et 20% en 2030.

Ainsi que d’autres mesures déjà entrepris, comme l’optimisation de l’éclairage public, l’adoption de l’heure d’été sur 6 mois, les Campagnes de sensibilisation pour les économies d’énergie et pour les équipements économes, la distribution de 22,7 millions de Lampes à basse consommation et pleins d’autres.

  • Transport

La Stratégie Nationale de Développement de la Compétitivité Logistique tient compte du développement durable du pays et vise :

-La réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 35% à l’horizon 2020.

- La baisse du nombre de tonnes transportés/km parcouru de 30% à l’horizon 2020.

-L’introduction des normes EURO sur les émissions de polluants des véhicules neufs et labellisation des véhicules neufs.

-Renouvellement du parc des véhicules de transport routier de marchandises et des taxis, moyennant une prime de renouvellement des véhicules.

-Mise en service du Tramway de Rabat et Casablanca.

-Programme de formation à l’éco-conduite pour les conducteurs professionnels.

-Encourager les voitures écologiques à travers des facilités de paiement.

  • Déchets

 Différentes mesures d’atténuation des émissions de GES sont planifiées dans le secteur des déchets. Ces mesures concernent  principalement :

-La réhabilitation des décharges non-contrôlées.

-La valorisation des émanations de méthane des décharges.

- La mise en place de filières de recyclage-valorisation des déchets.

  • Forêt

Quatre stratégies reflètent, à ce jour, les efforts déployés en vue de renforcer la préservation et la gestion durable des ressources forestières et d’assurer une atténuation des émissions de GES, il s’agit du : Plan Directeur de Reboisement, du Plan Directeur pour la Prévention et la Lutte contre les Incendies de forêts, la Stratégie de Lutte contre le Surpâturage et enfin la Stratégie Nationale de Maîtrise de l’Energie d’origine forestière.

Et autres mesures tel que la Protection de la forêt vis-à-vis des incendies par la mise en œuvre du Plan Directeur de Prévention et de Lutte Contre les Incendies  en 2003.

  • Agriculture

La dimension du changement climatique  est incorporée dans le  Plan Maroc Vert, lancé en 2008,  à travers l’amélioration de la résilience du secteur et l’atténuation de ses émissions des GES. Les projets de changement et de gestion des terres dans le cadre du plan Maroc vert sont estimés sur une base de 61 773 196 TeqCO2 avec un potentiel de réduction estimé entre 16 439 680 (scénario pessimiste) et 117 000 000 TeqCO2 (scénario ultime).

En outre, on remarque la Création de nombreuses Certifications pour l’environnement des exploitations agricoles.

  • Construction, Habitat et Urbanisme

La nouvelle stratégie du Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace, intègre, elle aussi, la dimension de développement durable et a pour objectifs la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans le bâtiment, l’aménagement des villes nouvelles et dans les grands ensembles urbains, ainsi que l’encouragement des investissements dits verts ou écologiques à  travers différentes mesures, on cite notamment :

-Des Session annuelle de formation sur l’architecture bioclimatique et l’éco-conception des au profit des architectes.

-Pour les  villes nouvelles et les zones d’urbanisation nouvelles, le gouvernement intègre à présent  des principes d’optimisation des consommations énergétiques et vise la limitation de l’étalement urbain

-Pour les bâtiments d’Etat, le gouvernement veille sur le développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ainsi que la réalisation d’audits énergétiques.

- L’Etablissement d’un guide des bonnes pratiques de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans l’aménagement urbain et dans l’habitat.

Ces mesures sont-elles suffisantes pour garantir sa juste part des efforts mondiaux visant à contenir le réchauffement à 1.5°C.  

Le réchauffement planétaire que nous vivons depuis un bon moment, nous met fréquemment devant des surprises et nous apprenons jour après jour de nouveaux événements météo climatiques inhabituels. La situation actuelle que nous vivons au Maroc est alarmante, le Maroc en est conscient. En matière d’atténuation du réchauffement climatique: le Maroc, est certes, un bon exemple, mais  le  changement climatique coûte cher pour un pays tel que le Maroc.

Certes un nombre croissant de responsables politiques ainsi que  des dirigeants du secteur public et privé s’engagent fermement à contribuer au financement de solutions mais  nous sommes, malheureusement, encore loin du compte. Du moins, pour l’instant. Cette situation fait du Maroc un pays fort dépendant des financements externes, c’est-à-dire, si la volonté est la, les moyens risquent de nous trahir.

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page