L’imagination à l’épreuve de l’interlocuteur perdu

Abdellatif Zaki
Abdellatif Zaki est enseignant chercheur à l'IAV - Hassan II. Ses domaines d'intérêt sont les sciences du langage et la communication, la terminologie, la traduction et l'interprétation, l'évaluation des programmes et les sciences sociales et de ...
L’imagination à l’épreuve de l’interlocuteur perdu
Rabat – L’imagination crée d’autres esprits. Elle en crée pour chacune des questions et chacun des débats qu’elle ne peut avoir et auxquels elle n’a pu trouver de répondant. La multitude ne garantit ni l’intensité de la présence ni le mérite de l’écoute. Les échanges se superposent, s’entrecoupent, se croisent et se couvrent les uns les autres dans une cacophonie qui dit l’impertinence et le mépris de la signification. Le dit ne s’entend pas, le non-dit triomphe. Le banal est consacré, célébré. Dire répugne.
Vous êtes à la quête d’une conversation, d’une rencontre, votre cœur se serre, se terre, il n’y a personne en face de vous, vous étranglez les phrases, vos propos vous échappent, vous les poursuivez et vous vous rendez compte que plus vous courrez vite plus ils se dissipent, plus vous ralentissez plus vous les dépassez. Vous sautez sur le mouchoir de papier, vous empruntez de quoi écrire, vous consignez des bribes de paroles, vous vous sentez libéré(e) le temps d’un soupir, vous mettez le papier dans votre poche, plusieurs jours après vous retrouvez le mouchoir, ce que vous y voyez ne vous ressemble pas. Etait-ce vraiment vous?
Il vous faut un vis-à-vis, soit-il un mur. Vous pouvez être plus créatif(ve), n’avez-vous pas été sollicité(e) pour conseiller les autres, les écouter, leur parler, les soutenir dans leurs solitudes, les accompagner dans leurs traversées, et comble de tous les combles, de les instruire ? Mais vous, qui vous écoutera, qui vous tiendra la réplique ? Qui vous accompagnera ?
Vous pouvez toujours détacher de vous-même, chaque fois que vous en sentez le besoin, la personne qui saura être disponible et qui pourra vous tenir tête tant à vous qu’à vos incursions imprévisibles et à vos envols déconcertants. On ne peut pas être et avoir été, me rappelait toujours mon défunt père. Moi, je pense qu’on peut être et être, être soi-même et son vis-à-vis, on doit pouvoir y parvenir pour ne pas perde la raison ou tomber dans une démence quelconque. Bien sûr, il serait plus politiquement correcte que vous n’avouiez pas une telle entreprise, vous risquerez de vous retrouver enfermé dans l’une des ménageries que vos semblables ont créé pour se débarrasser des questionneurs désobligeants. Il vous serait plus sécure de faire susciter des anciens de leurs histoires plus ou moins oubliées et non explorées ou de prétendre avoir le pouvoir de créer des personae et d’en décider le destin que de reconnaître que vous ne voulez parler et faire parler que vous même dans votre multiplicité, dans la pluralité de vos consciences, la complexité de vos désirs, les frustrations de vos besoins et de vos attentes, et l’ambiguïté de vos plaisirs.
Quand votre monde ne vous suffit pas, créez en un qui vous sera propre et dans lequel vous serez aussi maître – maîtresse que vous le voulez, peuplez-le d’esprits, d’images, de personnages et de voix qui ne vous serez pas dociles car vous leur auriez donné l’irrévocable faculté de l’intelligence, l’autorité absolue de l’imagination et le pouvoir inconditionné du courage. Vous ne répondrez pas d’eux tout comme ils ne répondraient pas de vous. Etre maître – maîtresse de ce monde ne vous donnera pas droit à vous immiscez dans son devenir ni de le façonner à votre guise. Cela, vous devez le savoir dès le départ et si vous ne vous sentez pas capable de vous abstenir, évitez de conférer la compétence de dialoguer à des personnes détachées de vous-même et à des voix que vous avez mandatées de se séparer des vôtres. Car, vos interventions les retourneront contre vous, elles créeront des alliances contre lesquelles vous ne pourriez rien, elles se mettront à parler des langues que vous ne comprendrez pas, elles finiront par vous aliéner. Si vous ne pouvez pas être et avoir été, vous pourriez, peut-être, au moins, être ici et maintenant, et avec un peu de chance, ailleurs et demain !
Vos propres inventions se soulèveront contre vous. Quand cela arrivera, car rien ne pourra les en  empêcher, il vous faudra en être fier(e), les laisser devenir, prendre les droits qu’elles estimeront les leurs. Il vous faudra savoir les écouter, c’est ce que vous vouliez au départ, n’est ce pas ? Assumez donc !
Je vous avais raconté, il y a quelque temps, l’histoire de mon colocataire qui avait ramené une fille à l’appartement que nous partagions un jour d’hiver estudiantin de Rabat alors qu’on y organisait une soirée intello entre des jeunes qui se prenaient déjà pour poètes, romanciers, peintres, musiciens, critiques tous azimuts et militants de toutes les causes. Mon ami, qui n’a pas du prendre le temps d’étudier sa décision avait promis à la fille, qu’il avait aussi du prendre pour une autre, un autre type de divertissement, plus bruyant, plus liquide et rentable à un terme beaucoup plus proche. La fille s’est mise à se cogner la tête contre tous les bords des murs, à montrer une expertise à retrouver et à s’en servir contre sa personne tout ce qui était saillant, tranchant et amplifiant. Elle montrait les cicatrices qu’elle s’était assénées elle-même pour lui rappeler ses projets ratés et ses mauvaises appréciations de compagnons. Les voisins, pris de peur qu’une âme ne tombe, vinrent s’enquérir, les invités intellos, dont je dois taire les noms car l’un devenu ministre deux décennies et quelques plus tard, un autre un grand romancier, les autres tous aussi connus les uns que les autres ne voudraient pas être associés à un tel épisode, prirent la fuite. Moi, mon camarde et son invitée de fortune, devions traiter avec les voisins affolés et ameutés par les chutes et les cris de l’invitée que le béton faisait résonner jusque dans l’autre rive de la rue où des jeunes relevant, apparemment, de la famille d’un général, qui une décennie et quelque années plus tard connut une mort tragique avait élu podium pour leurs activités musicales nocturnes.
L’invitée avait un argument de taille. Mon camarade lui avait menti, l’a trahie. Le connaissant bien pour avoir subi d’autres de ses revers, j’avais cru plus à la fille qu’à ses arguments à lui. Il lui avait promis, diner, boîte, danse, et des honoraires alléchants. C’est qu’il avait l’art de donner de lui l’impression de ce qu’il n’était pas à l’époque, mais donnant à César ce qui lui revient de droit, il ne donnait de lui que l’impression de ce qu’il parvint quelques décennies plus tard à devenir de plein droit, ce qu’il mérita par son obstination, ses multiples savoirs et intelligences et sa compétence de devenir.
Elle avait compris qu’il n’avait ni l’intention ni les moyens d’honorer ses promesses. Il ne s’agissait pas pour elle de se laisser faire. Les voisins et le colocataire devaient se solidariser mutuellement et prendre en charge ses manques à gagner en contre partie de pouvoir retrouver leurs lits, leur sommeil et s’éviter une visite des mœurs. Il faut dire, aussi, que les voisins n’avaient pas intérêt à être dérangés chez eux/elles. La conception d’alliance sociale et matrimoniale pour laquelle ils avaient opté ne coïncidait pas tout à fait aux notions dominantes de l’époque, surtout pas à celle des mœurs!
Chaque fois que je me retiens, que je ne m’arrache pas les cheveux, je ne retrouve pas les poches de mes pantalons que j’ai fait coudre pour ne pas trouver de billes à écraser et chaque fois que j’étouffe mon souffle et réprime mes cris, je me rappelle cette fille. Son histoire est qu’elle s’était retrouvée là où elle n’avait rien à faire, qu’on lui avait menti, où elle n’avait personne à qui parler, qui la comprenait et qu’elle pouvait comprendre. En fait, elle n’avait ni l’habitude de parler ni celle d’écouter. Elle n’avait pas, non plus, l’habitude de voir et d’être vue. Elle se fait valoir dans l’obscurité de la nuit et de ses boîtes où le vacarme des enceintes, l’épaisseur de la fumée et les rondeurs des ombres se concordent à renier la parole, l’échange, la couleur, la silhouette, l’entente et l’entendement. Entre les intellos, elle devait se révéler d’une manière qu’elle n’avait pas apprise à faire. Voir ces intellos se révéler, à leur manière, dénuder leurs intérieurs devant les autres, fut une atteinte grave à la seule intimité qui lui restait, la seule qu’elle a peut-être jamais connue. Tant il lui aurait été facile et normale de révéler ses rondeurs, son corps, son ventre, ses jambes, son dos, ses aisselles, les contours de ses fesses dans son propre environnement, tant elle ne pouvait ni entendre, ni parler, ni attendre, ni écouter dans ce nouveau monde dans lequel elle devait évoluer.
L’imagination crée des esprits et des images et s’oppose à eux, les défie, s’y réfugie, s’y retrouve, s’y reconnait et s’y perd. Elle crée le dialogue, rétablit l’écoute et redonne du sens et de la vie au regard. Elle prend la mesure des urgences et impose maitrise et stabilité aux priorités. Elle a le pouvoir de résister et de pénétrer au-delà des interdits. Elle se donne les droits et les pouvoirs de s’orienter, d’investir et de défraichir. Elle ne s’arrête pas à l’exploration et à l’expression. Elle se donne corps.
L’imagination prend en charge les déficits de l’immédiat et se satisfait elle-même, elle se dépasse et se transforme en réel. Elle scinde l’intention, le désir, l’option, la perspective et la notion. Elle se venge des impuissances, des trébuchement et des regrets. Elle crée des noms, des visages, des profils, des histoires, des langages, des rencontres, des débuts et des fins tout comme elle peut nier à un récit et le commencement et la fin. Elle crée des ressemblances et défait des espoirs. Elle crée des regards, des départs, des secrets, des promesses et des trahisons. Elle crée des temps et du temps. Elle légitime les fidélités et les dénonciations. Elle crée des jugements, des absences, des arrivées, et des inattendues. Elle crée des rêves, l’idée d’une vie, la peur d’un arrêt, d’un revirement, d’une perte et d’une chute. Elle s’excuse du bonheur, de l’identité et des privations. Elle rend toutes les cohabitations, toutes les chorégraphies, tous les rythmes et toutes les magies tantôt possibles tantôt hors portée.
L’imagination crée le contexte et l’environnement et les peuple de récits, de mots, de signes, de couleurs, de voix, de souffles et d’espoirs. Elle crée la vie et s’y installe. Elle crée la mémoire, les visions, le doute et l’incertitude. Elle crée la dissimulation et la révélation. Elle crée la ruse, le détournement et la faillite. Elle est la réalité quand elle s’habille d’architectures et laisse transpirer les peines des artisans, leur créativité, leur résignation et quand elle laisse transparaitre dans leurs œuvres les grosses veines bleus sur leurs mains et les cicatrices sur leurs bras et quand elle vous fait sentir jusqu’aux os la froideur glaciale de chaque goute de sueur qui s’éteint sur l’enclume d’un forgeron ou sur la glaise que travaille l’ensemble du corps d’un potier et jusqu’aux fins fonds de votre sensibilité la chaleur de la goutte de sang que les roseaux ne cessent de réclamer des doigts du vanneur. Elle – l’imagination si vous ne savez plus de quoi je parle – se fait corps quand vous vous extasiez devant les merveilles que tissent les petits doigts des petites mains d’une petite fille dont vous ne connaissez pas le nom car vous ne l’avez pas demandé et dont vous ne connaitrez jamais le nom car vous ne vous êtes jamais soucié de savoir. Pourtant, vous n’avez jamais acquis une œuvre d’art sans en connaitre le cours du maître – maîtresse dans les bourses que vous connaissez si bien.
L’imagination vous emporte loin de cette petite fille, plus loin encore que vos yeux et votre mémoire emporteront la mélodie des couleurs et des signes du monde qu’elle a créé l’étendu d’un espoir que lui ont volé chaque fois qu’elle l’a achevé, l’a recréé, l’a imaginé des gens de votre trempe.
L’imagination est la réalité quand elle illumine la cellule d’un détenu des années de plomb et quand elle éclaire le visage enfermé dans une chambre froide et sale d’un hôpital psychiatrique. Elle est réalité dans le plaidoyer d’une organisation humanitaire dont le rapport accablant vient d’être interdit, censuré. Elle est réalité quand elle met en scène l’enlèvement, la torture, l’assassinat et le mensonge. Elle est plus réelle quand elle reprend le récit des jours que vous pensiez avoir laissés derrière vous et qui vous reviennent, vous épient, vous rappellent, vous privent.
Elle est encore plus réelle quand elle ne sait pas quoi faire du crachat nauséabond qu’un personnage doit rejeter du fond de ses poumons pour qu’il soit crédible et qu’aucun metteur en scène, aucun producteur et aucun théâtre n’a voulut le laisser faire.
L’imagination triomphe quand elle peut en créer une autre et apprendre à lui parler, à l’interroger, à l’écouter, à la deviner et à construire du sens de son évolution et de son indépendance. Elle est réalité dans le scénario d’un film qui dévoile à une femme la polygamie de son défunt époux qui partageait son lit pendant trente sept ans avant de s’éteindre dans les bras d’une autre à laquelle il avait fait trois enfants. Elle est aussi réalité dans la cassure de la voix de l’enfant en sanglot qui ne voulait pas raconter les détails de son viol par le grand père de sa voisine. Elle l’est aussi dans l’inaptitude de ce vieil homme rationnel moderniste ancien marxiste qui n’a jamais pu surmonter les superstitions héritées de sa grand-mère et qui, malgré lui, continue à avoir peur du mauvais œil. Elle l’est encore plus dans la fiction relatant l’expérience de la vielle femme qu’on a payée pour voter contre ses propres intérêts et qui s’est retrouvée avec des instances l’évinçant du domicile qu’elle a occupé depuis ses premiers pas et dans lequel elle se faisait payer pour les plaisirs éclairs que des hommes laids lui arrachaient depuis que son père s’était brisé le cou en tombant de l’échafaudage lui et son fils ainé.
L’imagination est réalité dans les passages de transits racontés par les reporters free-lances qui parlèrent le temps d’un tour de caméra à des candidats à l’immigration clandestine sous les feux des rampes depuis que leur parler rapporte et promet des prix de tous genres. L’imagination est aussi réalité dans le discours des contes de disculpation des guerres d’Afrique, de Côte d’Ivoire, de Guinée, de la République Démocratique du Congo, du Soudan, et d’autres plus proches.
Vous pouvez prendre le train et partir. Les passagers devant vous ont peur de vous approcher, ils/elles font semblant de lire un journal, de s’assoupir, ou pour les mieux cravaté(e)s, d’étudier un dossier. Plus vous recherchez leurs yeux, plus ils les éloignent de vous et mieux vous pouvez lire leur doute et leur appréhension. Cela si vous êtes un mec, bien sûr, car le regard d’une jolie fille, tout le monde le chercherait. Ce n’est pas dans le train que vous ferez la rencontre qu’il vous faut. L’imagination l’interdit depuis que dans le journal de l’autre jour il était question de ce passager agresseur professionnel qui savait si bien abuser de la confiance des voyageurs.
Reprenez le chemin des écoles. Vous y verrez des gens intéressants, intelligents, ouverts, et dynamiques. Mais ne parlez surtout pas à ce brillant élève de cette grande prépa, qui se démultiplie ad finitum là où vous regardez et qui interdit à son oncle de parler au voisin l’africain clandestin qui s’est fait cordonnier dans l’attente de jours plus propices pour continuer vers l’Europe que son imagination lui a créée depuis qu’on lui avait parlé de ses ancêtres les gaulois. Ne parlez pas à cet élève car ayant hérité l’imaginaire des faux conteurs et des faux médecins et pharmaciens de la place publique, l’africain aspire et draine le sang des petites filles à distance et à retard. Il vous jurera que, parole de scientifique, les preuves existent, il suffit de le croire comme il se doit. Il voudra être votre ami, vous parler, vous donner la réplique, vous être disponible, vous être généreux, vous écouter, vous accompagner, pourvu que vous le preniez au mot, que vous le suiviez. Moi, je vous dis ce qu’il en est, et à vous de décider. Mais avant de vous quitter, laissez-moi vous dire que cet élève là n’a pas fait de philo au lycée. On ne lui a jamais parlé de magie, ni lui a-t-on appris à faire la critique de l’histoire, des sociologies, des politiques, des idéologies, des racismes, ni lui a-t-on fait découvrir la puissance de l’imagination : ni la vôtre, ni celle des autres, ni la sienne !
Vous avez aussi essayé d’entretenir un dialogue avec des personnages de téléfilms ou avec des présentateurs-présentatrices des infos des plusieurs minuits qui vous ont rattrapés incapable de fermer l’oeil. Vous avez essayé d’en faire des cerveaux auxquels vous pensiez pouvoir demander d’éclairer vos lanternes à propos des questions qu’ils/elles soulèvent dans leurs programmes. Vous avez aussi essayé de vous confier à eux/elles et leur faire part de ce que vous pensez réellement de ce qu’ils/elles racontent et du fait que l’écoute que vous leur consacrez devait vous valoir au moins leur propre écoute aussi. Vous m’excuserez mais je devais vous le rappeler ; si vous trouvez qu’ils/elles ne font ni le poids ni le contrepoids, je vous prie de ne pas m’en vouloir. Il fallait que vous voyez de vous même que l’imagination dont ils/elles donnent l’impression de relever leur est étrangère et qu’ils/elles ne sont pas vraiment ceux/celles que vous pensiez qu’ils/elles étaient. Ni l’intelligence, ni l’imagination, ni la connaissance que vous aviez cru voir chez eux/elles n’était authentique. Les formulaires qui modélisent leurs esprits et leurs discours sortent de leurs yeux, pendent de leurs oreilles, coulent de leurs bouches, gonflent leurs estomacs, pèsent sur leurs pas, tirent vers le bas et déforment leurs appareils génitaux, et- traversent les fractures de leurs voix. Ils/elles se transfèrent dans l’irrespect de l’estime que vous auriez pu avoir pour eux/elles.
Si j’ai du dire il avant elle ; lui avant elle, ils avant elles, et eux avant elles ce n’est pas pour retarder une excitation ou accélérer une vengeance quelconque, c’est pour décliner et dire les préalables des préjugés qui vous ont imposés la structure même de votre imagination. C’est pour vous rappeler qu’il vous faut retrouver dans votre imagination la force de vous libérer de ceux et de celles que vous avez créés vous-même ainsi que de celles et de ceux qu’on a créés pour votre imagination.
Les présentateurs/présentatrices des infos de minuit n’existent que parce que vous êtes insomniaque. Les figures des téléfilms n’auraient aucune réalité si vous ne les inventiez chaque fois que vous revenez chez vous pour les regarder. Ce ne sont pourtant pas vos propres créations. Ils existent par la force de votre volonté et de votre décision, ils n’ont de sens que celui que vous leur donnez. Pourtant, votre imagination résiste d’en faire une réalité.
Les souffrances de l’attente, de l’exil, de la réconciliation, de la mémoire, de la blessure, de la peur, du désenclavement et de l’espoir du jamais plus cela, des défis et des libertés et des dignités bafouées ne se lisent plus à l’individuel, elles sont l’incarnation des pouvoirs de l’imagination et de ce qu’elle peut réaliser.
Les dépassements ne sont possibles que lorsque les énergies sont libérées.
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