La nouvelle page africaine du Roi du Maroc

Hassan Alaoui
Hassan Alaoui, Directeur des Rédactions du « Matin » et « Maroc Soir » pendant trente ans, et cofondateur de plusieurs autres titres, dirige aujourd’hui Maroc Diplomatique, un des plus sérieux et crédibles mensuels marocains. Diplômé de la ...
La nouvelle page africaine du Roi du Maroc

Casablanca – S’il fallait qualifier un Sommet de l’Union africaine d’exception­nel ou d’extraordi­naire, avec sa charge symbolique et hautement intense, on n’hésiterait nullement à dire que ce serait celui du 30 janvier prochain. L’Afrique, de Pretoria au Nil, en pas­sant par Douala et Tanger, s’apprête, en effet, à vivre une étape signifi­cative de son histoire politique. Le terme est d’autant plus faible et fort à la fois qu’elle accomplira un acte historique et un de ses serments les plus engageants : la réadmission du Royaume du Maroc au sein de ses institutions et de ses instances, son intégration en qualité de membre à part entière et, au-delà des oripeaux, en qualité d’acteur et de partenaire qui a un poids considérable et une responsabilité lourde aussi dans l’es­sor du continent.

Si le retour du Royaume du Ma­roc au sein de l’organisation héri­tière de l’ancienne OUA focalise, depuis quelque temps maintenant, l’attention des dirigeants et des peuples d’Afrique et, à coup sûr, celle d’autres pays du monde, c’est parce qu’une invraisemblable scorie entachait – dirions- nous – l’appel­lation d’Afrique même, alors qu’un pays comme le Maroc, plus africain que certains autres en était exclu. L’aberration tenait également à ce paradoxal tropisme que, non membre de l’organisation panafricaine, de­puis novembre 1984, le Maroc est pourtant demeuré un acteur actif au sein du continent. Il a réussi le pari d’être « dedans » sans pour autant participer à la vie de l’institution pa­nafricaine. Jamais, en effet, il n’au­ra été si présent et impliqué que ces quinze dernières années, à la faveur, bien entendu, de l’avènement du Roi Mohammed VI au Trône et aussi de son activisme qui n’a d’égal que son amour pour l’Afrique et ses peuples.

Au cours des quinze dernières an­nées, , on ne le dira jamais assez, le Roi Mohammed VI a voyagé dans le continent plus que n’importe quel autre dirigeant ne le pourrait prétendre. Plus qu’une vingtaine de visites d’abord en qualité de Prince Héritier et de Roi intronisé, il a sil­lonné les pays, suscitant bains de foule, serrant les mains des popula­tions soeurs, présidant des cérémo­nies multiples de signature d’accords ou de rencontres porteuses, se mé­langeant au peuple qu’il affectionne sans jamais se départir de cette ca­ractéristique éthique devenue son blason: le respect fraternel et l’ami­tié qu’il voue aux populations. Du rapport du Roi Mohammed VI à l’Afrique, on dira qu’il relève d’une quasi mystique, tant et si bien que son engouement se traduit aussi par une volonté politique plus qu’affi­chée de contribuer à son développe­ment et à son épanouissement.

Le Roi du Maroc est devenu le symbole de l’Afrique nouvelle, celle des défis et de la rénovation, qui ré­alise la synthèse vivante et généra­tionnelle entre les pères fondateurs et les élites portées par le nouveau siècle. Le ressort de ce choix africain est celui d’une vision forgée depuis de longues années, articulé sur une conscience que l’avenir du monde – on en convient de plus en plus – se jouera sur le continent, à la fois ber­ceau de l’humanité et terre des défis futurs. Il convient de souligner que l’engagement africain du Roi Mo­hammed VI n’est pas une clause de style, mais l’un des axes prioritaires de sa doctrine. Un commentateur al­gérien, tout à sa désolation, ne s’est pas fait faute de rappeler que le pré­sident Bouteflika – arrivé au pou­voir la même année que l’accession au Trône du Souverain – n’a jamais pris la peine de se rendre en visite en Afrique ! Comparaison n’est pas raison, dira-t-on, mais force nous est de relever cette réalité tangible qui est à l’Histoire ce que l’engagement – proclamé, tenu et rempli – est à la profession de foi.

Chez Mohammed VI, la parole est déjà l’acte accompli ! Depuis le pre­mier Sommet Europe-Afrique, tenu au Caire en avril 2000, il a mani­festement joint l’acte à la parole en décidant, d’emblée, de supprimer les dettes contractées par certains Etats africains auprès du Maroc. Il n’est pas qu’une dimension symbolique dans cette décision, annoncée au milieu d’un parterre diplomatique impressionnant représentant quelque 67 États, il s’agissait d’une procla­mation solennelle qui avait valeur d’engagement et qui traçait, à coup sûr, le nouveau sillon de la diploma­tie marocaine. Quelques mois après, commençant par le Sénégal, le Roi inaugura le cycle de voyages et de visites en Afrique qui n’auront de cesse, quasiment une ou deux fois par an depuis quinze ans, de jeter les jalons et de bâtir une politique africaine multilatérale.

A chaque étape de ses tournées, au milieu d’un enthousiasme renouve­lé, au contact direct avec les foules compassées sous les cieux et les so­leils du continent, le Roi du Maroc plante un nouveau jalon. Il fixe le cap dans la méthodologie de travail, demeurant toutefois fidèle à la devise sacrée : le Maroc est un pays frère et un partenaire. Il apporte son soutien au développement, manifeste une so­lidarité à toute épreuve, partage son know-how, offre ses expériences et instaure la véritable dimension de ce qu’il est convenu de qualifier de « partenariat exemplaire » ou de partenariat Sud-Sud. Les visites ne se comptent point, elles sont à la di­plomatie marocaine ce que le socle laborieux est à un projet historique ambitieux. C’est peu dire que le pro­jet Royal en Afrique relève, ni plus ni moins, d’une ambition humaine gigantesque, enracinée dans nos tra­ditions et dans notre vocation.

Sous la présidence de S.M. le Roi Mohammed VI, des dizaines, voire plus d’accords de coopération ont été signés entre le Maroc et les pays africains visités. Ils recouvrent un large spectre, allant de l’économie jusqu’à la lutte contre le terrorisme et en faveur du climat, caractérisés par une volonté politique qui ne sacrifie ni à la rhétorique ni à un altruisme mercantile ; mais qui s’inscrit dans la vocation du Maroc devenue un de­voir. Peut-être même une foi et une croyance.

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