Le Discours militant

Hassan Alaoui
Hassan Alaoui, Directeur des Rédactions du « Matin » et « Maroc Soir » pendant trente ans, et cofondateur de plusieurs autres titres, dirige aujourd’hui Maroc Diplomatique, un des plus sérieux et crédibles mensuels marocains. Diplômé de la ...
Le Discours militant

Casablanca – Le 6 novembre 2016 restera gravé dans la mémoire des peuples d’Afrique comme l’estampille indélébile. Du haut de ce lieu symbolique qu’est la ville de Dakar, le Roi Mohammed VI a prononcé le Discours commémorant le 41ème anniversaire de la Marche verte. Si, en effet, des interrogations ont fusé ici et là avec un intérêt soutenu sur le choix du lieu, SM le Roi a d’emblée apporté la réponse : « En M’adressant à toi aujourd’hui, à l’occasion du quarante-et-unième anniversaire de la Marche Verte, depuis la ville de Dakar, capitale de la République du Sénégal sœur, Je sais que tu ne seras point surpris par une telle décision » , a tenu à souligner le Souverain. Et d’ajouter : En effet, le Sénégal fut parmi les Etats ayant participé à cette épopée nationale, aux côtés d’autres pays africains et arabes. Ce pays qui nous est si cher, a toujours été à la tête des défenseurs de l’intégrité territoriale et des intérêts supérieurs du Royaume. ».

L’amitié transcendantale maroco-sénégalaise

L’hommage royal rendu au Sénégal est à lui seul une partie significative du discours, prononcé dans un pays qui a pris part activement à la Marche verte de novembre 1975 et dont le soutien, irréductible et constant, à notre cause ne s’est aucunement démenti depuis. Ce n’est pas un soutien de circonstance, mais de vie, tant et si bien comme l’a rappelé avec force le Souverain que le Sénégal a fait de la défense de notre intégrité territoriale sa cause sacrée. Qui ne se rappelle les prises de positions, les initiatives courageuses, les algarades de la diplomatie algérienne  , les contre attaques d’un Sénégal toujours à pied d’œuvre aux Nations unies, à l’OUA, aux Non Alignés et dans d’autres instances internationales pendant les quarante dernières années pour défendre la marocanité du Sahara ?

L’exemplarité de cette position pour le droit et la légalité, non seulement tient par sa constance, mais aussi et surtout qu’elle n’a jamais varié en dépit des changements de présidents et de gouvernements, depuis Léopold Sédar Senghor jusqu’au président Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Wade. Quarante ans de soutien quasi organique et renouvelé. « Plus encore, a souligné Sa Majesté Mohammed VI, (ce pays)  a démontré, par les actes et par la parole, à plusieurs occasions, qu’il considère la question du Sahara marocain comme étant sa cause nationale propre. Les Marocains n’oublieront pas sa position solidaire courageuse, lors de la sortie du Maroc de l’Organisation de l’Unité Africaine en 1984. En effet, l’ancien président, Monsieur Abdou Diouf, avait estimé qu’on ne pouvait concevoir cette Organisation sans le Maroc. ».

Le Maroc et le Sénégal cultivent des relations d’autant plus ancestrales qu’elles trempent dans une quasi cosanguinité que l’Histoire a pétries. On ne peut que mettre en exergue cette transversale unicité religieuse qui fait que la communauté tijania ou les mourides se retrouvent dans un héritage commun maroco-sénégalais enraciné dans les siècles et les mémoires. En 1963, déjà, comme pour affirmer cette exceptionnalité et s’inscrire dans l’historicité, feux le Roi Hassan II et le président Léopold Sédar Senghor, avaient signé en 1963 un Traité d’amitié, en fait une Convention d’établissement et de réciprocité accordant droit aux citoyens des deux pays de s’établir dans l’un ou l’autre pays sans que l’une ou l’autre administration des deux Etats y trouve à redire.

L’amitié maroco-sénégalaise est exemplaire, elle est à l’Afrique tout entière ce que le modèle de notre partenariat est à la réussite d’une sagesse, d’une pondération. Sa Majesté le Roi ne s’est pas fait faute de réitérer ses choix fondamentaux pour un engagement renforcé en Afrique, depuis longtemps champ prioritaire et stratégique. Si, en effet, jusque-là la tendance avait été de se rendre dans les pays de l’Afrique de l’ouest – notamment le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Mali et la RDC,- le courant est désormais inversé. Ou plutôt complété.

C’est à juste à titre que le Souverain évoque longuement ses visites successives en Afrique, dont la première remonte à 2001, justement au Sénégal, et qui continue d’ouvrir le large espace de l’implantation du Maroc dans le continent. Une option qui pouvait paraître étrange à cette époque, lorsque l’Afrique était quasiment délaissée dans ses problèmes, ses pandémies, ses crises et vivait dans une sorte d’ostracisme. Quand d’autres n’y voyait que le spectre de la pauvreté, le Roi du Maroc construisait une vision africaine.

La politique africaine du Maroc ne se limitera pas à l’Afrique occidentale

Aujourd’hui, une réorientation de la vision royale – qui ne signifia pas abandon de l’Afrique occidentale – s’est imposée pour élargir le champ de la coopération, instaurer une véritable diplomatie économique, ouvrir des marchés et des partenariats, en se rendant d’abord dans ces pays de l’Afrique de l’Est qui comptent. Le Roi a explicitement décliné cette perspective d’élargissement et d’approfondissement du champ : « La politique africaine du Maroc ne se limitera pas à l’Afrique occidentale et centrale. Nous veillerons plutôt à ce qu’elle ait une portée continentale, et qu’elle englobe toutes les régions de l’Afrique ».

Le Souverain l’explique abondamment : « C’est dans ce cadre que Nous avons effectué des visites au Rwanda et en Tanzanie, malgré le fait que les relations avec les Etats d’Afrique de l’Est n’étaient pas suffisantes, non pas par négligence ou par omission, mais pour des raisons objectives comme la langue, l’éloignement géographique et les différences de patrimoine historique. ». Dans le même ordre d’idées, le Maroc retrouve sa vocation de pays africain en réintégrant la famille institutionnelle qu’est l’Union africaine où la plus large majorité des pays lui accordent leur précieux soutiens et militent pour son retour, tandis que se multiplient des retraits de la reconnaissance de la fantomatique rasd, soutenue à bras-le-corps par une Algérie toujours hostile à notre cause.

Sur ce chapitre précisément , le Souverain aura été plus qu’explicite, s’adressant à la fois aux peuples d’Afrique et à la communauté internationale pour les prendre à témoin. « La réintégration par le Maroc de l’Union africaine n’est pas une décision tactique, pas plus qu’elle n’a obéi à des calculs conjoncturels. Elle est plutôt l’aboutissement logique d’une réflexion approfondie. Et lorsque nous annonçons notre retour, nous ne demandons la permission de personne pour obtenir notre droit légitime ». Le propos n’échappera guère aux observateurs attentifs, car il tombe à point nommé, quelques jours seulement après que les dirigeants de l’Union africaine eurent relancé l’ancienne présidente de la Commission, Mme Zuma qui a dû se faire tancer pour avoir retardé l’envoi du courrier officiel adressé aux chefs d’Etat membres par le Maroc pour officialiser sa requête de réintégration, comme le stipule la Charte panafricaine.

Membre fondateur de l’OUA en 1961 et 1963, le Maroc n’a jamais cessé d’œuvrer pour l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays qui la composent. Jusqu’à novembre 1984, date de son départ volontaire pour protester contre les intrigues algériennes et l’admission de la pseudo rasd, imposée par un certain Edem Kodjo, alors secrétaire général de l’OUA, en pleine collision avec le gouvernement algérien, le Maroc ne s’est jamais démis de ses engagements vis-à-vis des peuples du continent. Pourtant pendant les trente-deux années dernières, il n’a cessé non plus d’être au cœur de l’Afrique en maintenant sa présence directe, en termes de soutien, de coopération et de partenariats. Le retour du Maroc s’impose de lui-même, car cette politique royale menée au pas de course porte à présent ses fruits.

«  Ce retour, explique le Roi, nous permettra plutôt de défendre nos droits légitimes et de corriger les contre-vérités colportées par les adversaires de notre intégrité territoriale, notamment au sein de l’Organisation africaine. Nous nous emploierons aussi à contrecarrer leurs manœuvres visant à impliquer cette Organisation dans des décisions contraires aux bases adoptées par les Nations unies pour le règlement de ce conflit régional artificiel, et en contradiction avec les positions de la majorité des Etats du continent. »

Clair, convaincant et déterminé ? En effet le Roi l’a été et a bien expliqué les tenants et aboutissants d’une telle démarche. Le retour du Maroc au sein de l’UA, s’il exprime un désir de retrouver sa famille, impose aussi des devoirs de solidarité envers ses peuples, une règle de fidélité à toute épreuve, le partage et l’engagement.

La lutte antiterroriste et l’expérience précieuse du Maroc

Dans le même ordre d’idées, au regard des problématiques et des crises auxquelles l’Afrique est, aussi, confrontée, comme notamment le terrorisme et l’insécurité, Sa Majesté Mohammed VI a expliqué que le Maroc peut contribuer à y faire face avec efficacité et célérité. « Nous avons à cœur , dit-il, de continuer à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans les différentes régions qui vivent des situations de tension et de guerre, et d’œuvrer au règlement des différends par les moyens pacifiques ».

Et d’ajouter avec une pointe de fierté : « Ce retour sera, également, l’occasion pour le Maroc de renforcer son implication dans les efforts continentaux de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, qui hypothèquent l’avenir de l’Afrique. Par ailleurs, Nous sommes engagés à partager notre expérience singulière et reconnue mondialement avec nos frères africains, que ce soit dans le domaine de la coopération sécuritaire ou en matière de lutte contre l’extrémisme. » Partenariats économiques, transferts de savoir-faire, soutien politique et humanitaire voire militaire comme autrefois au Congo, devenu le Zaïre, ou en RDC dans le cadre des Nations unies, le Maroc se « déplace » tout entier aujourd’hui, Etat, institutions, secteur privé significatif pour impulser un partenariat global avec l’Afrique, notre terre de vocation, notre histoire et notre mémoire.

Est-à ce à dire que même au niveau de la COP 22, qui se tient à Marrakech, l’Afrique occupe une place de choix, d’autant plus opportune qu’un Sommet sera spécifiquement consacré à l’Afrique au sein et en marge de cette manifestation planétaire. Le Souverain le dit clairement : « Nous avons appelé à la tenue d’un sommet africain, en marge de cette conférence, en vue de mettre au point une vision commune pour défendre les revendications de notre continent, notamment en ce qui concerne le financement et le transfert de technologie ».

Abordant à la fin de son discours l’évolution démocratique et la formation du prochain gouvernement, le Roi Mohammed VI a tenu à mettre en garde certains esprits contre une mauvaise interprétation du processus qui lui afférent. Tout en exhortant les futurs responsables du gouvernement à prendre en compte les paramètres de notre coopération avec l’Afrique,  il a souligné l’impératif pour le futur gouvernement dans cette continuité : « Le Maroc, a-t-il, souligné,  a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable. Toutefois, la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral. ».

En d’autres termes, les enjeux régionaux et mondiaux nous dictent, outre une cohésion et une cohérence, un engagement effectif, la compétence et l’audace, la vision et la fidélité à nos valeurs. Jamais discours n’aura interpellé avec cette force et une irascible conviction, responsables et peuples fédérés de l’Afrique dans laquelle nous sommes issus et restons enracinés. Un discours fondateur qui marque une nouvelle étape dans notre histoire commune.

Voici le texte intégral du Discours Royal

«Louange à Dieu,

Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.

Cher peuple,

En M’adressant à toi aujourd’hui, à l’occasion du quarante-et-unième anniversaire de la Marche Verte, depuis la ville de Dakar, capitale de la République du Sénégal sœur, Je sais que tu ne seras point surpris par une telle décision.

En effet, le Sénégal fut parmi les Etats ayant participé à cette épopée nationale, aux côtés d’autres pays africains et arabes.

Ce pays qui nous est si cher, a toujours été à la tête des défenseurs de l’intégrité territoriale et des intérêts supérieurs du Royaume.

Plus encore, il a démontré, par les actes et par la parole, à plusieurs occasions, qu’il considère la question du Sahara marocain comme étant sa cause nationale propre.

Les Marocains n’oublieront pas sa position solidaire courageuse, lors de la sortie du Maroc de l’Organisation de l’Unité Africaine en 1984. En effet, l’ancien président, Monsieur Abdou Diouf, avait estimé qu’on ne pouvait concevoir cette Organisation sans le Maroc.

La même prise de position avait été exprimée à l’époque par de nombreux Etats africains, tels que la Guinée, le Gabon et l’ex-Zaïre.

J’ai aussi choisi le Sénégal au regard de la place particulière qu’il occupe en Afrique, grâce à son modèle démocratique historique, à sa stabilité politique et sociale et à son dynamisme économique.

A cela s’ajoutent les relations de fraternité, de solidarité et de communauté de destin, qui unissent, à travers l’histoire, les peuples sénégalais et marocain, comme un seul peuple, l’un représentant le prolongement naturel de l’autre, dans une symbiose singulière entre deux pays indépendants respectueux de leurs spécificités mutuelles.

mohammed-vi

Cher peuple,

Si Je me suis adressé à toi, ce même jour de l’année dernière, à partir de Laâyoune, au Sahara marocain, au sujet de l’Afrique, je m’adresse à toi maintenant depuis le cœur de l’Afrique au sujet du Sahara marocain.

Ce discours, prononcé à partir de cette terre accueillante, traduit tout l’intérêt que nous portons à notre continent.

La politique africaine du Maroc ne se limitera pas à l’Afrique occidentale et centrale. Nous veillerons plutôt à ce qu’elle ait une portée continentale, et qu’elle englobe toutes les régions de l’Afrique.

C’est dans ce cadre que Nous avons effectué des visites au Rwanda et en Tanzanie, malgré le fait que les relations avec les Etats d’Afrique de l’Est n’étaient pas suffisantes, non pas par négligence ou par omission, mais pour des raisons objectives comme la langue, l’éloignement géographique et les différences de patrimoine historique.

Animé d’une volonté partagée avec les directions fortes de ces Etats, nous avons décidé d’imprimer une nouvelle dynamique aux relations économiques et politiques entre nos pays, compte tenu du poids politique que représente cette région et des potentialités économiques et des atouts stratégiques dont elle dispose.

J’ai donc jugé bon, au terme de cette tournée inédite, de partager avec toi, cher peuple, les résultats de ces visites.

Les prémices de l’ouverture sur cet espace africain important sont apparues avec la visite que Notre frère, Son Excellence le président Paul Kagamé, Président de la République du Rwanda, a effectuée au Maroc en juin dernier.

De plus, Notre visite au Rwanda a permis de conforter cette orientation, en posant les jalons d’un partenariat prometteur dans les différents domaines, et en faisant de ce partenariat un axe fondamental pour le développement de nos relations avec cette région.

Quant à Notre déplacement en Tanzanie, il traduit l’estime que Nous lui portons au regard de son statut régional, de sa dimension géographique et de son poids démographique, ainsi que Notre volonté de coordination avec ce pays sur les questions régionales et internationales.

J’ai également engagé des contacts avec les autorités en République d’Ethiopie, et nous entamerons -si Dieu le veut- une étape nouvelle dans nos relations avec elle.

Ce sera, donc, la première étape de la deuxième partie de Notre tournée dans un certain nombre de pays africains sub-sahariens, toujours dans le cadre du retour du Maroc à cette institution continentale.

Cher peuple,

La réintégration par le Maroc de l’Union africaine n’est pas une décision tactique, pas plus qu’elle n’a obéi à des calculs conjoncturels. Elle est plutôt l’aboutissement logique d’une réflexion approfondie.

Et lorsque nous annonçons notre retour, nous ne demandons la permission de personne pour obtenir notre droit légitime.

En tout état de cause, le Maroc est de retour pour retrouver sa place naturelle. Il dispose d’une majorité écrasante pour occuper son siège au sein de la famille institutionnelle africaine.

Le couronnement de notre politique africaine

Le Maroc, qui ne s’immisce pas dans la politique intérieure des pays, pas plus qu’il ne suit une politique de division, a bon espoir que toutes les parties réagiront avec toute la sagesse requise et en toute responsabilité à cette décision, de manière à faire prévaloir l’unité de l’Afrique et l’intérêt de ses peuples.

En effet, cette décision est le couronnement de notre politique africaine et de l’action solidaire que le Maroc mène sur le terrain avec de nombreux pays du continent pour y assurer la promotion du développement économique et humain, au service du citoyen africain.

Outre la coopération bilatérale et avec les ensembles régionaux, ce retour permettra à notre pays de s’impliquer dans les stratégies de développement sectorielles en Afrique et d’y contribuer efficacement en les enrichissant de l’expérience singulière que le Maroc a accumulée dans de nombreux secteurs.

S’agissant des questions et des problématiques majeures, le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle le mettra en capacité de faire entendre la voix du continent dans les forums internationaux.

Il lui permettra également de poursuivre et de renforcer son engagement pour trouver des solutions objectives à ces problématiques, et respectant les intérêts et les spécificités des peuples africains.

A cet égard, Nous avons à cœur de continuer à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans les différentes régions qui vivent des situations de tension et de guerre, et d’œuvrer au règlement des différends par les moyens pacifiques.

Ce retour sera, également, l’occasion pour le Maroc de renforcer son implication dans les efforts continentaux de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, qui hypothèquent l’avenir de l’Afrique.

Par ailleurs, Nous sommes engagé à partager notre expérience singulière et reconnue mondialement avec nos frères africains, que ce soit dans le domaine de la coopération sécuritaire ou en matière de lutte contre l’extrémisme.

Concernant la problématique migratoire, notre pays poursuivra ses efforts pour remédier aux causes réelles de ce phénomène, en le reliant au développement et en adoptant une approche humanitaire et solidaire, protégeant les droits des immigrés et préservant leur dignité.

Ayant conscience que l’Afrique compte parmi les régions les plus affectées par les changements climatiques, Nous avons tenu à ce que la Conférence sur le climat, dont les travaux démarreront cette semaine à Marrakech, soit une conférence pour l’Afrique.

Un Sommet africain à Marrakech en marge de la COP 22

Aussi, Nous avons appelé à la tenue d’un sommet africain, en marge de cette conférence, en vue de mettre au point une vision commune pour défendre les revendications de notre continent, notamment en ce qui concerne le financement et le transfert de technologie.

Cher peuple,

Le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara.

Il nous permettra plutôt de défendre nos droits légitimes et de corriger les contre-vérités colportées par les adversaires de notre intégrité territoriale, notamment au sein de l’Organisation africaine.

Nous nous emploierons aussi à contrecarrer leurs manœuvres visant à impliquer cette Organisation dans des décisions contraires aux bases adoptées par les Nations unies pour le règlement de ce conflit régional artificiel, et en contradiction avec les positions de la majorité des Etats du continent.

Cher peuple,

Notre politique en Afrique, Dieu soit loué, a démontré son succès en commençant à porter ses fruits, tant au niveau des positions politiques au sujet de la question de notre intégrité territoriale qu’en ce qui concerne le renforcement de la présence économique du Maroc et le développement de ses relations avec les différents pays du continent.

En effet, aujourd’hui, le Maroc constitue une puissance politique influente et jouit d’estime et de crédibilité non seulement auprès des dirigeants des pays africains, mais aussi aux yeux de leurs peuples.

Nous aspirons à ce que la future politique du gouvernement soit globale et intégrée vis-à-vis de l’Afrique, et que celle-ci y soit perçue comme un ensemble.

Un gouvernement sérieux et responsable qui n’est pas une affaire d’arithmétique

Nous attendons également des ministres qu’ils attachent à l’Afrique le même intérêt qu’ils accordent à leurs missions et à leurs déplacements dans les pays occidentaux.

Le Maroc a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable. Toutefois, la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral.

Le gouvernement, c’est plutôt un programme clair et des priorités définies concernant les questions internes et externes, avec l’Afrique au premier chef. Un gouvernement apte à aplanir les difficultés héritées des années passées, concernant le respect des engagements du Maroc vis-à-vis de ses partenaires.

Le gouvernement est une structuration efficace et harmonieuse qui s’adapte au Programme et aux priorités. C’est un ensemble de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies.

Je veillerai, donc, à ce que la formation du prochain gouvernement se fasse conformément à ces critères et suivant une méthodologie rigoureuse. Et Je ne tolérerai aucune tentative de s’en écarter.

De fait, les Marocains attendent du prochain gouvernement qu’il soit à la hauteur de cette étape décisive.

Cher peuple,

Nous sommes convaincu que la consolidation du processus démocratique et développemental et le renforcement de notre politique africaine contribuent à immuniser l’unité nationale et l’intégrité territoriale du pays.

En effet, Nos provinces du Sud, Dieu soit loué, sont fortes par l’attachement de leurs enfants à leur marocanité et au système politique de leur pays.

Ceci se reflète dans leur participation massive aux différentes échéances électorales et leur implication en toute liberté et en toute responsabilité dans la gestion de leurs affaires locales.

Elles sont ambitieuses du fait de leur modèle de développement propre et des projets qui ont été lancés.

Ces provinces possèdent aussi toutes les potentialités en termes de sécurité, de stabilité et d’infrastructures, qui les habilitent à devenir un pôle de développement intégré et agissant dans son environnement régional et continental, et un axe pour la coopération économique entre le Maroc et sa profondeur africaine.

En effet, le développement et la stabilité de nos provinces du Sud sont une charge historique et une responsabilité nationale que tout le monde se doit d’assumer avec dévouement et dans un esprit de collaboration et de solidarité.

A cette occasion, Nous avons une pensée émue et déférente pour la mémoire de l’Artisan de la Marche Verte, Notre Auguste Père, Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu bénisse son âme, et pour celle des valeureux martyrs de la patrie.

Nous rendons également hommage à la mobilisation constante des membres de Nos Forces Armées Royales, dans toutes leurs composantes, sous Notre commandement, ainsi qu’à leur dévouement dans la défense de l’unité et de la souveraineté du pays et la préservation de sa sécurité et de sa stabilité.

Wassalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh.

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