Les lieux de mémoire au Maroc : représentions contestées.

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Tahar Ben Jelloun

Par Oukhadda Tariq

Meknès- Le projet qui s’inscrit dans une logique de réhabilitation a été réalisé par Tahar Ben Jelloun en 2009. En effet, Marabouts, Maroc, l’ouvrage réalisé avec la contribution de deux photographes espagnoles constitue Indubitablement la vision poétique et mystique ingénieusement argumentée dans le texte de l’auteur. Vivement le prochain…

Les lieux de culte au Maroc, comme dans toute l’Afrique du nord, subissent une « féroce » confusion, souvent intrépide. Effectivement, les étiquettes « sorcellerie » et « chirk » se veulent présentes à chaque moment où les saints ou lieux saints sont évoqués. La société marocaine, de par son usage des stéréotypes qu’on peut lister parmi tout ce qui a trait à l’imitation satisfaite et non-recherchée, alimente l’idée ancestrale, tant soit peu fausse que dangereuse, de l’adoration d’êtres perçus comme médiateurs entre Dieu et les Hommes sur terre.

Marabouts, Maroc

L’ouvrage « Marabouts, Maroc » né de l’idée du peintre dessinateur, Claudio Bravo, offre une composition de photographies de saints qui « jalonnent le paysage » du Maroc. Le désir de faire connaitre ces lieux et les faire sortir de l’oubli est clairement formulé dans l’avant-propos rédigé par Tahar Ben Jelloun.

Visions croisées

Les écrits sur les rites et sur les pratiques dites « thérapeutiques » perpétuées dans les lieux saints demeurent claquemurés dans la reproduction sans effort des clichés éculés et dépassés. La représentation ou la narration de faits relatifs au maraboutisme passe par l’expérience personnelle et purement subjective de son auteur.

Les saints au Maroc sont « considérés » comme détenteurs d’un pouvoir surnaturel lié à la connaissance de la religion ; «l’islam ». La Divagation des croyants pousse de plus en plus loin la banalité pour en faire une réalité qui dérange. Il y’en a qui s’identifient à un saint et/ou craignent sa colère et sa malédiction, autant de craintes et de superstitions sont perçues dans la société marocaine. « Les sept hommes » sont les plus illustres des saints au Maroc.

D’autres méthodes plus artistiques et esthétiques, mais non pas plus innocentes que le langage verbal, sont à même de prendre le relai pour « activer » voir « réactiver » des problématiques encore inexplorées. En d’autres termes ; la photographie et le cinéma restent une alternative idéale pour débattre de ce sujet. L’image représente ce que le texte n’ose dire. L’impact demeure plus « fructueux » et ouvre le débat sur d’autres horizons bien qu’esthétiques, artistiques et thématiques.

La vision que portent les pèlerins sur les marabouts est en proie de changements avec l’outil « image ». Ces êtres morts qui dans le silence promettent aux visiteurs le miracle et la richesse, méritent et « exigent » qu’un travail leur soit consacré dans le cadre du visuel, dans le but de souligner les traits d’une conception (qui se rapproche d’une vision mystique et contemplative des espaces saints au Maroc et offre matière de réflexion versant dans une interrogation du profonde pour amorcer une quête de la paix intérieure) à peine esquissée. En effet, un dévoilement, progressif et fluide, de pratiques qui recommandent tout ce qui est voilé et caché pourrait constituer une approche nouvelle et avant-gardiste d’une problématique obscurcie par la redondance.

Une interrogation de l’espace s’impose. En se posant des questions sur la matière, les couleurs et les formes. Il en résultera sûrement des réponses totalement contestées par les défenseurs de l’ignorance incarnée dans les clichés les plus simplistes et les plus rudimentaires. La réhabilitation des espaces saints au Maroc est devenue une nécessité qui va de pair avec la sauvegarde d’une identité et d’un patrimoine voués au néant et à l’obscurité maîtres-mots des caveaux où sont enterrés les saints musulmans. La notion de « thérapie » constitue donc le fondement dans l’étude du culte maraboutique.

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