Des hommes d’influence: Un film à voir ou à revoir

WAG THE DOG

Réalisé en 1997, ce film de Barry Levinson est toujours d’actualité. C’est un ticket d’entrée dans les coulisses de la politique.

par Oukhadda Tariq

Le film « Wag the dog » qui a été réalisé par Barry Levinson en 1997 et traduit en français sous le titre de « Des hommes d’influence » traite d’une thématique chère à la plusieurs réalisateurs, notamment Kevin McDonald qui a réalisé en 2009 « jeux de pouvoir », un film de même nature qui exhibe les relations de manipulation et de pouvoir entre médias et politiciens. C’est en effet le pivot du film « Des hommes d’influence ».

La maison blanche qui est souvent désignée dans les films Hollywoodiens comme bastion, se retrouve dans ce film au cœur d’un scandale sexuel ayant pour « héro » le président. L’état de crise déclaré, la maison blanche fait appel, sous la demande du président, à un « manipulateur » de haute voltige, le rôle est joué par l’illustre Robert De Niro. Ce dernier fait appel à un réalisateur. La fabrication de l’opinion publique commence. Détourner l’attention du public, des médias et surtout des électeurs devient dès lors le premier souci de « ces hommes d’influence ».

En termes de gestion de crise, on nous présente dans ce film une équipe de pionniers. Ils savent gérer le temps qui est un paramètre déterminant dans toute crise, c’est le manque de temps qui parfois mène au désastre. Dans le cas qui nous intéresse, l’équipe avait devant elle un ultimatum de 11 jours. Les rapports de force sont complètement renversés, ce qui renvoi au titre anglais du film, c’est-à-dire le rapport d’influence entre la queue et le chien, ici c’est la queue qui remue le chien. L’équipe qui s’est constituée au début pour camoufler un scandale, se retrouve, au fond, en pleine campagne électorale. Habituellement, ce sont les médias qui manipulent l’opinion publique et dans la plupart des cas la politique.

Dans le film on assiste à une représentation un peu particulière des médias. Ils sont renvoyés et réduits à leur fonction primaire ; celle d’informer. En effet, pour l’équipe de relations publiques de la maison blanche, les médias sont utilisés comme simple support servant à transmettre des informations à un public. On peut avancer que sans cette « naïveté » des médias, les évènements auront pris une toute autre direction. Le film ne passe pas sans rappeler les guerres menées par le pays, le contexte (studio) où ces évènements sont évoqués laisse penser que le même scénario s’est produit pour eux aussi. L’industrie cinématographique américaine n’est donc pas seulement créatrice de fantasmes et de divertissement, mais aussi, peut-être, de vérité pour tout un peuple.

On y trouve aussi un aspect très important, c’est la mobilisation des symboles. Conrad Brean a mobilisé une panoplie de symboles « vielle godasse », « courage maman »…ce sont des signes fédérateurs et fortement chargés d’émotions, en raison du héros abandonné derrière les lignes ennemies de l’Albanie. Héros, Albanie, guerre, etc. ce sont toutes des inventions du réalisateur Stanley Motss. En parlant de héros, c’est un héros mort qu’on présente aux foules, encore un imprévu, mais « réglé » à la dernière minute. Le film se termine par l’enterrement du héros ; un enterrement de la vérité.

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page