La 9ème session du Forum pour le développement de l’Afrique démarre à Marrakech

La 9ème session du Forum pour le développement de l’Afrique démarre à Marrakech

Marrakech – Les travaux de la 9ème session du Forum pour le développement de l’Afrique, se sont ouverts lundi soir à Marrakech, en présence des présidents ivoirien et sénégalais, Alassane Ouattara et Macky Sall, du chef du gouvernement de la République du Cap-Vert, José Maria Pereira Neves, ainsi que d’éminentes personnalités politiques, économiques et du monde des affaires dans le continent.

Cette importante rencontre, initiée pour la première fois en dehors d’Addis-Abeba par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a été marquée par un Message Royal dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

Ouverture à Marrakech du 9è Forum pour le développement de l’Afrique

Voici le texte du Message Royal dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane:.

“Louange à Dieu seul,
Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons
Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire,.
Son Excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal,.
Son Excellence Monsieur M. José Maria Pereira Neves, Premier ministre et ministre de la réforme d’Etat du Cap Vert,.
Son Excellence Monsieur Carlos Lopes, Secrétaire Exécutif de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique,.

Excellences, Mesdames, Messieurs,.

Il Nous est agréable d’adresser le présent Message aux participants à ce Forum continental de grande envergure et de les assurer de toute Notre considération.
Nous voudrions, également, exprimer la grande fierté du Royaume du Maroc d’accueillir la 9ème session de ce Forum et dire combien Nous apprécions l’initiative de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique de tenir cette session, pour la première fois, en dehors de son siège à Addis-Abeba.
En portant votre choix sur la ville de Marrakech pour traiter d’une thématique aussi pertinente que de grande actualité : ”Les modes de financement novateurs pour la transformation de l’Afrique”, vous rendez hommage à toute l’action déployée par Notre pays en faveur de l’Afrique, tout comme vous célébrez l’engagement des opérateurs économiques du Maroc en faveur du décollage économique et de l’insertion compétitive de notre Continent dans les flux de la mondialisation.
Nous tenons, à cet égard, à rendre hommage à la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, et saluer les efforts qu’elle ne cesse de déployer en faveur du développement économique et humain de notre Continent.
Le système des Nations Unies trouvera toujours dans le Royaume du Maroc un partenaire constamment engagé et inlassablement déterminé pour conforter et soutenir ses initiatives et ses actions constructives en faveur de l’Afrique.
Nous sommes persuadé que la convergence de vues entre nous, pays africains, pour ce qui concerne les conditions de développement et du décollage économique de l’Afrique, est porteuse de fortes synergies et de formidables complémentarités qu’il nous appartient de mettre en œuvre et de mobiliser de la manière la plus ambitieuse qui soit.
Notre Continent est aussi déterminé que volontariste à enclencher une dynamique nouvelle pour l’émergence d’une “nouvelle Afrique”, une Afrique fière de son identité, une Afrique moderne et débarrassée des idéologies et des archaïsmes, une Afrique audacieuse et entreprenante.
Cette volonté constitue en soi un appel à la communauté internationale pour une approche objective de la problématique du développement en Afrique.
Car, comme Nous avions eu l’occasion de l’exprimer devant la 69ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le problème de développement en Afrique n’est pas lié à la nature de la terre ni au climat, mais il est plutôt imputable à une dépendance économique enracinée, et à la faiblesse des soutiens et des sources de financement, ainsi qu’à l’absence d’un modèle de développement durable.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Notre appel à la communauté internationale pour qu’elle développe à l’égard de notre Continent un regard novateur, à rebours des schémas classiques, n’a d’égal que l’engagement constant des pays africains eux-mêmes à expérimenter et à mettre en œuvre de nouvelles approches partenariales et à développer une coopération sud-sud novatrice, solidaire et mutuellement bénéfique.
Le Royaume du Maroc est constamment animé par ce grand dessein et prône, dans le cadre de ses relations avec ses frères africains, une démarche globale et intégrée, susceptible de promouvoir, dans le même élan, la paix et la stabilité, de favoriser le développement humain durable pour toutes les africaines et les africains, de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats et de préserver l’identité culturelle et spirituelle de nos populations.
Nous œuvrons, avec la même conviction, pour que l’Afrique fasse confiance à l’Afrique et pour que Notre Continent mobilise tous les atouts qui sont les siens, en vue de tirer profit de toutes les opportunités ouvertes par la mondialisation.
Il est de plus en plus admis qu’après les indépendances dans les années 60, les pays africains forgent, aujourd’hui, leur indépendance économique. Tout comme il est désormais acquis que l’Afrique constitue la nouvelle frontière de la croissance mondiale.
Les échanges commerciaux de notre Continent avec le reste du monde ont augmenté de 200 pc depuis 2000. La population africaine atteindra 2 milliards de personnes à l’horizon 2050, ce qui permet à l’Afrique d’apparaître, à juste titre, comme la jeunesse du monde. Le taux de pauvreté sur le continent diminue à un rythme soutenu. Le commerce régional entre pays africains est en plein essor.
A cet égard, il est important de relever qu’au-delà de la vision stratégique d’ensemble qui appréhende l’Afrique dans sa globalité, les instruments et mécanismes opérationnels que nous serons appelés à développer ensemble devraient explorer, avec un intérêt égal, la dimension sous régionale du Continent.
Cela nous permettra d’investir dans les communautés économiques régionales en tant que plateformes viables et compétitives. Une telle démarche permettra aux pays africains, tout en préservant leur ambition d’intégration continentale, de favoriser également l’expression de vocations régionales et l’éclosion d’espaces géo-économiques susceptibles de leur assurer un meilleur positionnement et une compétitivité accrue dans l’économie mondiale.
Pour le Royaume du Maroc, cette dynamique intra-africaine est essentielle. Ainsi, et en plus de son attachement indéfectible à la relance de l’Union du Maghreb Arabe, le Maroc poursuit son rapprochement avec plusieurs organisations régionales africaines, telles que la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Economique et Monétaire de l’Ouest Africain (UEMOA), la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) ou encore, la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).
Le Maroc est animé par une forte volonté d’inscrire ses relations avec l’ensemble de ces groupements économiques dans une logique mutuellement bénéfique, équilibrée et équitable.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

L’Afrique est en train d’émerger comme un nouveau pôle mondial de croissance du fait des énormes richesses et des potentialités dont elle dispose. Néanmoins, ce processus ne saurait être consolidé et renforcé sans une transformation structurelle des économies africaines et leur mutation vers des activités à haute valeur ajoutée et à fort contenu technologique.
Pour gagner ce pari, la dimension financière revêt une importance centrale.
Il est évident que la mobilisation des ressources financières domestiques constitue le vecteur essentiel pour pérenniser le financement des grands projets d’investissement, particulièrement les infrastructures, et mieux se préparer pour réaliser les objectifs de développement post-2015.
Il est tout aussi important que la communauté internationale est appelée à faire montre de davantage d’imagination et de créativité pour mobiliser des instruments de financement novateurs susceptibles d’accompagner au mieux la transformation économique du Continent et son développement durable.
A cet égard, le lancement par le Royaume du Maroc de la place financière ”Casablanca Finance City” va favoriser une intégration financière de l’Afrique dans la finance internationale, facilitera les échanges intra-africains et canalisera au mieux l’épargne mondiale vers l’investissement dans le continent. De plus en plus d’investisseurs internationaux appréhendent ”Casablanca Finance City” comme plateforme d’opérations financières et porte d’entrée aux marchés africains.
Nous nous réjouissons particulièrement de la mise en place, avec l’appui de la Banque africaine de Développement, du ”Fonds Africa 50” qui vient d’être domicilié au sein de cette place financière. Ce fonds permettra de doter notre Continent d’un mécanisme innovant permettant d’accroitre la mobilisation de ressources à grande échelle et d’attirer des financements privés pour le développement et le financement de projets d’infrastructures en Afrique.
Dans le même sens, notre action pour la mobilisation de ressources financières en faveur de l’Afrique devra encourager la promotion de partenariats publics et privés et l’orientation du secteur privé vers des secteurs à haute valeur ajoutée, tels que les énergies renouvelables, l’agriculture, la technologie et les infrastructures.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Au regard de tous ces atouts et potentialités, il est plus pertinent que jamais de reconnaitre que l’Afrique d’aujourd’hui a plus besoin de partenariats gagnant-gagnant, plutôt que d’assistance conditionnée. Des partenariats susceptibles de jouer le rôle de catalyseur pour la mobilisation des ressources financières, de faire progresser l’intégration économique régionale et d’améliorer le positionnement de l’Afrique dans la chaîne internationale de la création de la valeur.
Dans le même esprit, la mobilisation de la communauté internationale en faveur de l’accompagnement financier de l’Afrique devrait englober, avec un intérêt similaire, d’autres dimensions et paramètres aussi importants que la bonne gouvernance, la solidité des institutions, le renforcement des capacités institutionnelles, la cohésion spatiale et intergénérationnelle et la qualification de l’élément humain.
Notre continent qui change, est porteur d’un message d’espoir et de renouveau à la communauté internationale. C’est en fédérant les énergies et en mobilisant nos atouts respectifs que nous allons gagner ensemble le grand pari du 21ème siècle; celui d’une Afrique unie, stable et prospère.

Je vous souhaite plein succès et réussite dans vos travaux.
Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.

Le Souverain offre un dîner en l’honneur des participants au 9è Forum pour le développement de l’Afrique

Le Roi Mohammed VI a offert un dîner en l’honneur des participants au 9-ème Forum pour le développement de l’Afrique, qui a ouvert ses travaux lundi soir à Marrakech.

Ont été conviés à ce dîner, présidé par le Chef du gouvernement, M. Abdelilah Benkirane, outre les participants au forum, plusieurs personnalités politiques et économiques et du monde des affaires dans le continent.

Le 9-ème Forum pour le développement de l’Afrique se tient pour la première fois en dehors d’Addis Abeba à l’initiative de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

La séance d’ouverture de ce Forum continental, qui a connu la participation de plusieurs hauts responsables africains, dont les présidents ivoirien et sénégalais, Alassane Ouattara et Macky Sall, a été marquée par un message royal adressé aux participants dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement.

Organisé sous le thème “Des modes de financement innovants pour la transformation de l’Afrique”, sous le Haut patronage de SM le Roi, ce forum vise à renforcer la capacité de l’Afrique à rechercher des mécanismes de financement novateurs comme une alternative réelle au financement du développement de transformation en Afrique.

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