Fatine Hilal Bik ou le rossignol de la chanson arabe

Ismail Harakat
Ex-membre des rédactions de plusieures publications au Maroc, en France et en Espagne, Ismail est également académicien. Il est aujourd’hui enseignant chercheur et professeur aux universités canadiennes de Sherbrooke, Laval à Québec et ...
Fatine Hilal Bik ou le rossignol de la chanson arabe

Montréal- Entre le chant et le petit écran en attendant le cinéma, Fatine Hilal Bik s’est faite un nom à un âge où bien des jeunes se cherchent. En quelques années à peine, sa carrière a pris une ascension fulgurante au point d’atteindre une dimension arabe. Bardée de diplômes, de distinctions et de prix, l’artiste fait du genre classique un choix professionnel savamment étudié. Et son public le lui rend bien. Portrait d’une jeune artiste accomplie.

A 29 ans, Fatine Hilal Bik traine une expérience artistique plus lourde que son âge. Et évidemment, ça ne fait que commencer. Avec sa voix de rossignol, elle a déjà envoûté un large public dans le monde arabe à travers un répertoire classique où peu de marge est laissée au mélange des genres. Elle en a fait un choix de carrière et elle l’assume pleinement. Pour cette artiste accomplie, aussi à l’aise dans le chant que dans les plateaux de tournage de films et titulaire d’un Master en Management en Ressources Humaines, sa carrière a pris son envol alors qu’elle avait à peine 18 printemps. C’est à cet âge d’insouciance et de découverte que deux monstres sacrés de la chanson marocaine, en l’occurrence le compositeur Hassan Kadmiri et le poète Abderrafii Jouahri lui confient l’interprétation de Mouchaghiba –turbulente- .

A cheval entre les études et le chant

Un baptême de feu réussi puisque dès lors, les succès se sont enchainés à la vitesse du son. Quelques mois plus tard en effet, Mohammed Senhaji et Bouchra Berrijal lui concoctent un album composé de quatre chansons – Mouch Hatewhachni – tu ne me manqueras pas-, Khayef Tfoutni – je crains que tu m’ignores-, Hobbak Aadab – ton amour est un supplice- et Lahadate – instants-. Un pas supplémentaire vers la réussite alors qu’à cet âge, les adolescents cherchent encore leur voie. Fatine, elle savait ce qu’elle faisait puisque parallèlement au don naturel que représentent ses cordes vocales elle a tenu mordicus à faire de ses études une priorité. Un pari qu’elle est parvenue à mener de pair alors que sa carrière artistique devenait de plus en plus exigeante.

Fatine

En un temps record, prix et distinctions se sont accumulés à une vitesse telle que les armoires du domicile parental allaient bientôt s’avérer insuffisants. Heureusement qu’abondance de biens ne nuit pas ! En 2006 et en 2008, Fatine s’empare du premier prix de la chanson marocaine, mais ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’en 2010, elle remporte le Tanit d’argent au Festival de Carthage, l’une des portes d’entrée majeures au vedettariat à l’échelle arabe. En mars 2012, l’Académie de la société civile algérienne lui rend un vibrant hommage en lui décernant une médaille d’honneur du premier degré, distinction reconnue par les Nations Unies. Sollicitée de toutes parts, Fatine Hilal Bik a encore crevé l’écran en novembre 2012 lors du concert de Wael Kfoury à Mazagan où elle avait brillamment tenu le public en haleine lors de la première partie.

Hilal

Un coup de maitre pour un coup d’essai

Se sentant à l’étroit dans le monde portant exigeant du chant, Fatine tenait à diversifier son répertoire artistique en tentant sa chance comme actrice. Et pour un coup d’essai, ce fut un coup de maitre puisque Fatine crève l’écran en 2010 dans la série arabe à gros budget « Karima » où elle a interprété l’un des rôles principaux. Une prestation qui lui a valu le prix de la meilleure jeune actrice, décerné par la revue arabe « Sayyidati ». Toute une consécration pour la jeune artiste qui devait donner la réplique à de véritables bêtes du petit écran à l’instar d’Ibrahim Harbi ou Aakef Najm. Et pourtant, Fatine a maitrisé son rôle comme si elle n’avait fait que ça toute sa vie. Une première à ce point exaltante que la jeune actrice attend d’autres opportunités. Les choix sont d’ores et déjà sur la table, mais Fatine tient à faire le tri parmi les propositions reçues car elle mise davantage sur la qualité que sur une omniprésence qui n’ajouterait pas grand-chose à sa carrière.

Bien entendu, le chant reste pour la jeune artiste le premier choix professionnel puisque c’est sa voix qui lui a permis d’explorer d’autres horizons, mais elle estime qu’elle peut se sentir à son avantage aussi bien en tant que chanteuse que face au petit ou au grand écran. Et alors que son talent s’affine et prend une dimension arabe, Fatine compte sur un soutien de taille pour lancer sa carrière au firmament : Sa formation académique sanctionnée par un Master en Management des Ressources Humaines. Un atout de taille qui permet à l’artiste d’avoir le flair des affaires et un sens de gestion organisationnelle dans un monde qui laisse peu de marge à l’amateurisme et à l’improvisation.

Bik

A une époque où le gout artistique du public n’évolue pas nécessairement dans le bon sens, Fatine, elle demeure fidèle à son penchant pour le genre classique où elle excelle. Dernièrement, elle a encore donné toute la mesure de son talent à l’occasion du 100ième anniversaire d’Asmahane où elle a fait revivre au public une partie de l’immense répertoire de la diva arabe. L’occasion de se rendre compte que les amateurs du classique ont toujours droit de cité et que le gout raffiné a encore de beaux jours devant lui.

Les dates clefs :

2006 et 2008 : Premier prix de la chanson marocaine

2010 : Tanit d’argent au Festival de Carthage

2010 : Premier Prix en tant que meilleure jeune actrice marocaine pour son premier rôle dans la série arabe Karima

2012 : Concert avec Wael Kfoury à Mazagan

2013: Premier rôle dans le film marocain du grand réalisateur Hassan Benjelloun : La Lune Rouge

2013: Seule voix féminine à l’ opérette arabe Aljanaderya قبلة النور avec Mohammed Abdou, Rached El Majed , Majed El Mohandes, Khaled Abderrahmane

2014: Lancement de 3 chansons avec le grand compositeur arabe Yousef la Mohanna, et les poètes Sahil et Mohamed ben Hsein : Helmi Gharam, Ommi, Tegoul Ana Ma3ak.

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 * Les photos insérées dans le corps de cet article ont été empruntées à khbar.net (وكالة الأنباء الكويتية )

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