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Moha Souag
Polygraphe confirmé, Moha Souag est un écrivain qui a tâté tous les genres littéraires. De la poésie à la nouvelle en passant par le roman et le conte, Moha ne cesse de forcer l'admiration. A son actif, des prix littéraires aussi prestigieux que le ...
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Errachidia- Aujourd’hui où le monde est ouvert à toutes les influences, des plus néfastes aux plus bénéfiques, aujourd’hui où le monde est en ébullition et où seules les armes parlent, le festival de la culture amazighe de Fès offre une issue d’où jaillit une lumière d’espoir. Débattre, parler, rencontrer sont ses armes, des armes pacifiques qui font exister l’autre dans sa culture, dans ses chants et dans sa pensée et ses idées, quel qu’il soit et tel qu’il est, ce voisin qui partage avec nous la planète terre ou bien, simplement, notre voisin proche qui, demain, risque de devenir notre ennemi.

Le festival amazighe de Fès est le pont entre les peuples que la géographie et souvent  l’histoire a isolés arbitrairement mais qui, en réalité, partagent en plus de leur humanité bien des traits culturels et de civilisations qui transcendent les frontières et les idéologies. Depuis sa naissance, ce festival n’a pas cessé de s’ouvrir sur tous les horizons que ce soit au pourtour de la Méditerranée ou le long de nos racines africaines. Chacun participait avec sa contribution et nous montrait combien nous sommes proches malgré la différence des couleurs, des langues ou des religions. Le groupe italien Chafarde côtoie Tabaamrant du Maroc  ou Idir d’ Algérie  sur la scène musicale ou de grands professeurs et penseurs comme Abdelwaheb Meddeb de Tunisie ou Marjorie Lightman des USA débattent de thèmes universels.

Ce qui manque aujourd’hui dans nos sociétés pressées ce sont des moments de calmes pour réfléchir, des rencontres pour un échange sérieux car les médias modernes nous utilisent comme des éléments neutres de leurs journaux et de leurs bulletins d’information. La mort, les destructions massives, les pires turpitudes dont l’homme dit « civilisé » est capable sont devenues banales. Tout est permis puisque on peut tuer par télécommande, sans les voir, sans les connaître, des centaines d’êtres humains sans noms et sans visage: ils appellent cela des frappes chirurgicales qui font des dégâts collatéraux.

C’est maintenant que l’humanité a un besoin urgent de la culture. Une culture qui dit que nous sommes des êtres humains avant tout, nous avons les mêmes sentiments, les mêmes besoins, les mêmes désirs et les mêmes réactions face à la naissance d’un enfant, à la vie et à la mort d’un être cher. Il y a cette expression sauvage, naturelle du corps et il y a cette expression froide de l’esprit qui réfléchit, qui juge et qui explique. Le festival de la culture amazighe de Fès lie les deux dans les chants, les danses et la réflexion. Je crois que le mot anglais « show » irait bien à notre besoin aujourd’hui de montrer, de dire dans un festival avec des gestes festifs que nous sommes là, sur cette terre mille fois bénies, et que nous sommes comme vous, des êtres humains qui respirent et qui aspirent à aimer.

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