Le complexe d’Adib

Mohamed Benfadil
Après des études supérieures juridiques et littéraires, au Maroc et en France, Mohamed Benfadil a succombé à l’appel du pays pour servir sa patrie par la plume. Ayant aiguisé ses armes journalistiques au quotidien Al Bayane puis à l’hebdomadaire ...
Le complexe d’Adib

Washington- La raison d’Etat n’a que faire des contingences, les relations franco-marocaines non plus. Elles ont traversé bien des zones de turbulences et y ont toujours survécu. De Moumen Diouri et Abraham Serfati, à Ali Lamrabet et Hicham Mandari, en passant par  Mahjoub Tobji et Mustapha Adib, le froid ayant grippé ces rapports, compliqués pour le profane il est vrai, entre le Maroc et la France, n’ont souvent vécu que le temps d’un nuage d’été. Vrais opposants politiques, vulgaires escrocs en mal de notoriété ou simplement grisés par le goût d’un chantage hypothétiquement salvateur, leurs tentatives de déstabilisation désespérées ont toujours été vouées aux échecs qu’on connait. La main de services quelconques, secrets ou déclarés, officiels ou officieux, que d’aucuns ont dans ces cas voulu à tort ou à raison impliquer, a toujours en tous cas fini par se rendre à l’évidence. C’est dire que le contingent s’envole et le nécessaire reste.

Le cas de l’ex-capitaine Mustapha Adib, s’il ne fait pas exception à cette règle, reste en plus à examiner sous un angle autre que purement politico-diplomatique. Condamné à cinq ans de prison ferme le 17 avril 2000 par le tribunal militaire de Rabat, Il avait été accusé d’avoir dénoncé dans la presse étrangère, sans en référer à sa hiérarchie, un trafic de carburant organisé par son propre supérieur dans l’aviation. Aussitôt sa peine purgée, le capitaine déchu s’auto-exile dans un Hexagone voulu protecteur. Base-arrière psychologique d’où il ne tardera pas à larguer des bombes, enfouies dans son subconscient d’enfant mâle ainsi mal-aimé de ce corps supposé inclusif, sur un père militaire qu’il accuse des maux de cette bonne mère qu’est l’armée.

Un raisonnement que Sigmund Freud aurait sans doute avalisé, probablement en aggravant même la situation du pauvre Adib. Censé avoir perdu son grade à sa condamnation, il est en effet supposé rendre à sa sortie de prison son uniforme et autres insignes qui le distinguait du commun des soldats. 

Car ceci n’étant pas un simple détail de forme, l’ex-officier supérieur, tout en déclarant détester ce métier, qui a fait de lui ce tristement célèbre « aggresseur moral » d’un généralissime symbole, continue de fièrement arborer sur les bords de la Seine sa chère tenue de gradé.

A son complexe d’oedipe s’ajouteront ainsi les traits pervers de sadique, de masochiste, voire de sado-maso.

Le Maroc a promptement crié au complot et la France aussitôt promis de faire la lumière sur cette affaire. Le nuage est déjà en voie de passer et les relations entre les deux pays n’en sortiront comme à l’accoutumée que grandies.

L’incident psycho-militaire du Val de Grâce, lui, ne sera bientôt plus qu’un détail de l’Histoire. Même si le complexe d’Adib inspirera encore pour un moment les ennemis de la stabilité nationale. Surtout après la décision incensée de ce psychopathe enragé « d’attaquer en justice » le Commandant suprême des armmées et symbole de l’unité du pays!

© Morocco World News Français. Tous droits réservés pour tous pays. Cet article peut être reproduit à la condition d’en citer la source et l’auteur.

 

commentaires

© 2014, Morocco World News - Français

Retour en haut de la page