La parole portée trop loin

Mohamed Benfadil
Après des études supérieures juridiques et littéraires, au Maroc et en France, Mohamed Benfadil a succombé à l’appel du pays pour servir sa patrie par la plume. Ayant aiguisé ses armes journalistiques au quotidien Al Bayane puis à l’hebdomadaire ...
La parole portée trop loin

Washington- Le Porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha El Khalfi, qui en est également le ministre de la Communication, vient d’être à l’origine d’un « incident diplomatique » avec un pays ami. S’exprimant mardi 3 juin devant la Chambre haute du Parlement sur les programmes des chaînes de télévision publiques, il a qualifié les séries latino-amricaines, diffusées abondamment il est vrai sur lesdites chaines publiques, de « bordels mexicains ». Expression pour le moins péjorative considérée comme une insulte par les autorités mexicaines, qui ont promptement officiellement protesté auprès du gouvernement marocain.

Cette nouvelle maladresse d’Elkhalfi, consécutive à celle du fameux cahier des charges sur le même audio-visuel controveré, est significative à plus d’un titre. Il en porte en effet une double responsabilité. D’abord, en sa qualité de ministre de la Communication, dire qu’il est sensé se comporter en bon communicateur, c’est raconter une évidence. Et la déception à ce sujet est d’autant plus déconcertante que l’incident incriminé est le fait d’un ancien directeur d’Attajdid, organe du Parti de la Justice et du développement (PJD). C’est donc là un premier niveau d’incompétence.

Ensuite, et c’est peut-être  là le plus grave, la responsabilité de cet incident diplomatique, Mustapha El Khalfi la fait subir  à toute l’équipe gouvernementale. En sa qualité de porte-parole du gouvernement et en premier lieu à son chef, qui se trouve comme par hasard être aussi son mentor qu’il est sensé normalement mettre à l’abri de tels dégât. Deuxième niveau d’incompétence.

Mais tout cela aurait fait moins de bruit si l’incident en question n’était pas susceptible d’impacter négativement les intérêts supérieurs de la nation. Manque de chance, il se strouve que ce n’est malheuresement pas le cas. La phrase de trop du porte-parole du gouvernement risque en effet non seulement de maitenir un Mexique ainsi offensé dans sa position pro-polisarienne, mais en plus une telle maladresse est de nature à faire fuire les indécis. Et nulle mise au point ou autres clarification, voire même excuses officielles,  sur tous les médias sociaux du monde n’y feront rien.  Mais de là à penser que le communicateur en titre de l’actuel gouvernement est « une erreur de casting », il n’y a qu’un pas…qu’une gaffe supplémentaire nous ferait probablement franchir.

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